Familles, de la méfiance au mépris – Anne Trewby

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Une tribune d’Anne Trewby, parue sur le site internet de Valeurs Actuelles le 23 2021.

L’annonce récente par M.Macron de la distribution à partir de février 2022 d’une « bébé box » aux nouveaux parents fait polémique. Le ridicule d’une telle mesurette face aux difficultés réelles des familles est pourtant symptomatique du mépris dans lequel les tient désormais la société.

La « bébé box » annoncée par M.Macron est en réalité un « tote bag », c’est-à-dire un sac en tissu, qui contiendra une turbulette (pour sensibiliser les parents à une bonne position de sommeil), un livre (pour leur rappeler l’importance de l’éveil culturel et artistique des enfants), un savon solide (pour les alerter contre les dangers des perturbateurs endocriniens) et une crème hydratante (pour inciter les mères à « ne pas s’oublier »). Le sac serait, d’après les concepteurs de la « box », une « invitation à sortir, à embarquer des choses pour soi », et à « ne pas s’oublier en tant que parents ».

Non, ce n’est pas une mauvaise farce ! Cette « box » est une des mesures qui fait suite au « rapport sur les 1000 premiers jours de l’enfance » dont nous avions critiqué avec Antigones l’incohérence et le potentiel totalitaire. Cette annonce confirme nos inquiétudes : le même Etat qui multiplie par ailleurs les mesures à l’encontre des familles semble bien décidé à prendre la place des parents dans l’éducation de leurs enfants depuis leur âge le plus tendre.

Cette politique de prise en charge par l’Etat des choix éducatifs des familles – la même qui est à l’origine de la fameuse « loi anti-fessée » ou encore de l’obligation vaccinale pour les enfants – est le résultat de cinquante ans de méfiance envers la cellule familiale. Les féministes qui aujourd’hui se scandalisent de cette mesure ont pourtant largement participé à cette guerre contre les familles en instillant envers elle une méfiance délétère. Les maris sont passés sous leurs plumes du statut de protecteurs et pourvoyeurs à celui de violeurs et d’assassins en puissance. Les femmes sont passées de gardiennes du foyer à éternelles victimes de leurs conjoints et de leurs enfants. La cellule familiale elle-même est devenue le lieu de toutes les oppressions potentielles.

La méfiance d’hier est aujourd’hui devenue mépris. Les hommes étant par nature oppresseurs et les femmes victimes, lorsqu’ils deviennent pères et mères, ils sont jugés inaptes à leur mission a priori. C’est donc à l’Etat qu’il reviendra d’assurer leurs responsabilités auprès des générations futures.

Comment sortir de cette logique délétère et de l’emprise sur les familles d’un Etat qui les méprise ? En reconquérant une par une les libertés publiques qui garantissent le plein exercice de nos responsabilités parentales, tout simplement : liberté éducative, liberté dans les modes d’éducation, liberté dans le choix des soins à dispenser à nos enfants, liberté dans la transmission des croyances et des valeurs…

Nous avons déjà des lois qui permettent à l’Etat d’intervenir en cas de maltraitances avérées, lorsque des parents manquent justement à ces responsabilités que nous voulons pouvoir exercer pleinement. Gardons en tête que ces situations sont des exceptions et que si la famille n’est pas nécessairement un espace de bonheur et d’épanouissement, elle n’en reste pas moins la cellule pré-politique de base de la société nécessaire à sa stabilité et à l’existence du politique.

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