Les chroniques des Antigones – Harcèlement de rue, le vrai problème – Anne Trewby

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La question du harcèlement de rue fait régulièrement les unes des média, sans pour autant qu’elle ne soit l’occasion d’un réel débat. Il a d’abord été question du quotidien inacceptable des femmes du quartier de la Chapelle Pajol, puis les média ont été obligés par les réseaux sociaux à s’intéresser aux agressions sexuelles du nouvel an à Cologne en 2016. Le point commun de ces affaires, c’est un débat qui se crispe sur des positions caricaturales : d’un côté, le grand coupable, c’est l’homme blanc hétéro cisgenre, de l’autre c’est la figure quasi animalisée de l’immigré. Dans les deux cas, la question des violences faites aux femmes finit réduite à un détail argumentatif dans des débats qui le dépassent. 

Pourquoi les féministes se sont refusé à commenter ces deux affaires de Cologne et de la Chapelle Pajol ? C’est qu’effectivement, elles impliquent des hommes issus de l’immigration, et que cette particularité est un grain de sable fort gênant dans le logiciel idéologique du féminisme contemporain. Les mouvances féministes dominantes en France ont fait le choix d’adhérer à la mode de l’intersectionnalité, doctrine selon laquelle il devrait y avoir convergence des luttes des différentes minorités entre elles puisqu’il y aurait une surimposition des formes d’oppression. Autrement dit, être une femme noire homosexuelle et handicapée, ce n’est pas très facile à vivre donc toutes les femmes devraient être aussi solidaires des noirs, des homosexuels et des personnes handicapées. Ces dernières solidaires des femmes, des noirs, des homos, etc. Le résultat, c’est que face à ces faits divers, les féministes bottent en touche à grands coups d’arguments rhétoriques faciles. Le premier de ces arguments, c’est que la majorité des viols et agressions sexuelles en France sont le fait de personnes connues de la victime, et généralement issues de son entourage. Autrement dit, les agressions de rue sont un micro phénomène, nous ne nous en occuperons pas.

De fait, nier la réalité qu’elle souligne ne revient qu’à se décrédibiliser dans le débat public : non, la majorité des agressions sexuelles en France ne sont pas le fait de personnes issues de l’immigration. Elles sont bien dans leur grande majorité le fait de personnes issues de l’entourage de la victime. La réponse à cet argument facile n’est certainement pas le déni, mais au contraire l’assentiment : c’est-à-dire qu’il s’agit d’acquiescer gravement pour ensuite souligner la diversité des formes d’agression dont les femmes font les frais et d’exiger une analyser approfondie de ces statistiques.

Ce qu’il s’agit de dénoncer dans ces statistiques brandies à tout va par les féministes pour justifier leur inaction face à certaines violences spécifiques, c’est qu’elles sont un fourre-tout tel qu’il est impossible d’en tirer des leçons pratiques ou politiques. Ces statistiques amalgament des faits de nature extrêmement différente, qui vont du harcèlement au travail ou de la drague dite « lourde » aux injures de rue et aux viols collectifs en passant par le viol conjugal – c’est-à-dire des faits qui relèvent autant du manque de savoir-vivre que de crimes et délits. Forcément, les agressions de rue, qui comprennent harcèlement, injures, agressions et viols, se retrouvent rapidement noyées dans la masse. Nous demandons que des analyses de détail soient faites sur chacun de ces types d’agressions, sur leurs mécanismes propres, pour y trouver enfin des solutions adéquats.

Rappelons par contre aux féministes que ce n’est pas parce qu’il y existe d’autres types de violences faites aux femmes qu’il est possible de se passer de parler plus spécifiquement de celles commises dans la rue par des populations dites « racisées » ou alors on en arrive à des comportements aussi criminels que l’omerta de toute une partie de presse britannique sur la fameuse affaire des gangs de violeurs pakistanais en Angleterre. Nous avions déjà souligné dans un article cette complaisance des média d’une part et des militantes féministes d’autre part lors de l’affaire des viols de Cologne qui n’a fini par éclater qu’à force de témoignages sur les réseaux sociaux.

Or c’est justement cette spécificité des agressions par des hommes extra-européens qu’il s’agit de dénoncer : elles ont leur dynamique propre, celle d’un affrontement culturel, géo-politique et, osons le mot, racial. Elles sont le résultat des choix politiques pris par les élites des cinquante dernières années à leur propre profit, pour bénéficier d’une main d’œuvre peu chère et renouveler une population vieillissante à peu de frais sans considération des conséquences humaines et sociales. Le scandale des agressions de femmes européennes par des hommes racisés, c’est qu’elles pourraient être évitées avec des mesures politiques simples et courageuses. Mais commençons par analyser un peu plus en profondeur le phénomène pour pouvoir détailler ces mesures.

Ouvrons d’abord une parenthèse sur la question de l’immigration : il est profondément dangereux de l’argumentaire en faveur des frontières à cette question des violences faites aux femmes dans la mesure où elle nourrit par ailleurs dans le camp conservateur une dialectique de deux poids deux mesures qui n’est pas souhaitable : « oui méfions-nous des arrivées massives d’hommes trentenaires, mais accueillons largement les familles ». Ce qui est en jeu, c’est non seulement la violence envers les femmes, mais plus largement la cohésion de notre corps social, qui est nécessairement à la fois culturelle et charnelle, et que l’arrivée massive de populations exogènes quelles qu’elles soient et quel que soit leur degré de civilité met en danger.

De fait, cette question du harcèlement de rue relève plus largement de l’affrontement de deux mondes. Dans les quartiers les plus touchés par le harcèlement de rue, on assiste à un véritable choc des cultures. La réalité des « quartiers » est bien loin du multiculturalisme heureux vendu par nos élites : la vie s’y organise en communautés séparées, qui regroupent les individus selon trois critères qui se surimposent avec plus ou moins de complexité selon le niveau de mixité du quartier : religion, pays d’origine, ethnie. Ce ne sont pas des individus isolés, mais des groupes culturels à part entière qui s’opposent à la culture française, et plus largement à la culture et au mode de vie occidental.

La violence de ces populations fraichement débarquées en Europe à l’encontre des femmes est hautement symbolique. Il relève d’une vision du monde qui n’est pas la nôtre. Ces populations sont issues de cultures qui certes reconnaissent une différence entre les sexes, mais pour autant portent une vision réductrice et manichéenne de leurs rapports réciproques. Nous nous devons d’entretenir, d’approfondir et de défendre au contraire toute la beauté et la richesse des réponses qu’apporte la culture occidentale à ces questions. La différence des sexes a pris corps dans des organisations sociales très différentes à travers les siècles et les continents. La tradition européenne a fait le choix historique de considérer le rapport entre les sexes sous l’angle d’une complémentarité fructueuse, et d’accorder à chaque époque, à chaque pays, mais également à chaque personne une marge de liberté énorme dans le vécu de cette complémentarité. C’est ce choix de civilisation qui lui a permis de donner une si belle place aux femmes à travers son histoire. C’est cette vision riche et profonde des rapports hommes femmes qu’il nous faut défendre à tout prix.

En somme, il est temps de faire quelques distinctions utiles pour trouver des solutions politiques à ces différentes questions qui s’entremêlent. Celle des violences faites aux femmes d’abord mériterait un examen plus approfondi car des violences différentes, qui relèvent de mécanismes différents en appellent à des solutions différentes. Il est temps de dénoncer haut et fort le scandale de ces agressions de rue par des personnes issues de l’immigration avec des arguments justes, et de sortir le débat sur l’immigration de ces arguments circonstanciels pour en revenir à des arguments de principe.

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