Bioéthique, manifester pour un nouveau départ

Une tribune d’Antigones parue sur le site internet de Valeurs Actuelles le 2 octobre 2020, à retrouver ici.

Les débats sur la loi bioéthique se font étonnamment discrets dans les médias alors qu’ils concernent des enjeux de civilisation majeurs. La masse des citoyens désabusés s’en désintéresse tandis que les quelques opposants peinent à faire valoir leurs arguments. Voici pourquoi nous, Antigones, appelons à manifester le 10 octobre prochain. Tribune.

Manifestation des anti-PMA à Paris, en janvier dernier. Photo © URMAN LIONEL/SIPA

PMA pour les femmes seules et pour deux femmes, allongement des délais d’IMG, extension du champ possible des manipulations embryonnaires… Les différents points discutés dans le projet de loi bioéthique sont tous plus choquants les uns que les autres. Ce sont désormais les découvertes techniques et scientifiques qui sont le moteur des changements éthiques. L’éthique, elle, fluctue en fonction des qualités rhétoriques des promoteurs du sacrosaint progrès.

Les grands gagnants du débat – ou plutôt de l’absence de débat, ce sont les promoteurs de l’homme nouveau : leur rêve d’homme augmenté, vainqueur de la maladie et de la mort est tellement plus séduisant pour le grand public que le respect de l’ordre naturel auquel appellent les opposants à cette loi.

La rhétorique est facile : c’est l’ancien temps qui doit laisser place à l’avenir, le vieil homme qui doit laisser place à l’homme nouveau. C’est en réalité le combat ancien de la mesure face à l’ubris. Soyons réalistes : tout ce qu’il est possible d’inventer deviendra légal un jour. Les délais, les limites et autres grands principes édictés aujourd’hui seront rendus caduques demain.

Nous, les défenseurs de la vie, savons pertinemment que la bataille juridique est perdue, que nous ne pouvons gagner que sur des détails pour freiner la progression de la mort. Le débat bioéthique n’est pas une bataille juridique, ce sont deux mondes qui s’affrontent. Le premier scientiste et prométhéen, est celui de l’orgueil prêt à sacrifier notre humanité même contre l’illusion d’arriver un jour à se passer de la Nature. Le second, le nôtre, est celui du respect de l’ordre naturel du monde, garantie d’un ordre social cohérent et fonctionnel.

Loin de nous décourager, ce constat doit au contraire nous pousser à nous investir dans tout ce qui est en notre pouvoir : de la manifestation du 12 octobre en passant par des actions concrètes et locales.  Notre combat est aussi vaste que l’est le règne du vivant. La guerre que nous menons pour la vie est celle du respect des lois naturelles. Nous devons former et informer nos pairs et nos enfants pour leur permettre de comprendre ces lois et de les défendre.

Alors à tous les défenseurs du bon sens face à l’ubris de la science moderne : regroupons-nous, et inventons ensemble des solutions pour échapper aux structures qui menacent l’intégrité de la personne humaine en leur trouvant des alternatives. Faisons dès aujourd’hui de notre opposition le point de départ d’initiatives susceptibles de poser les bases d’une société respectueuse de la personne humaine.

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