Commentaire croisé des programmes des candidats aux présidentielles

Nous vous proposons à l’occasion des élections présidentielles une lecture croisée des programmes des cinq candidats les plus plébiscités dans les média – Marine Le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon – et une comparaison des positionnements de chacun sur les questions féminines.

Il ne s’agit pas seulement d’offrir ici un aperçu de ce que pourrait être la politique future de l’un ou l’autre candidat sur ces questions, dans la mesure où les mandats ne sont pas impératifs, mais de dégager les principaux enjeux politiques des prochaines années, les grandes tendances de notre société et les choix des candidats en la matière.

Ce commentaire croisé a pour but de vous offrir un décodage des enjeux qui sous-tendent les programmes des différents candidats et de mettre le doigt sur toutes les mesures qui impacteront la vie des femmes.

L’analyse des programmes des cinq candidats principaux de l’élection présidentielle fait apparaître les grandes tendances de notre société : précarisation, absence de réponses aux questions féminines majeures, oubli des libertés individuelles, et fibre transhumaniste. Voyons ce que prévoient les candidats sur ces quatre grands sujets.

 

Femmes et économie, la précarisation en marche

Dans un contexte économique difficile, les candidats à la présidentielle ont pris pour acquise la précarisation à venir de notre société. A ce constat fait exception Marine Le Pen qui souhaite changer de paradigme en proposant une sortie de l’Union Européenne. Elle prend le contrepied des autres candidats avec des mesures protectionnistes visant à rendre à la France sa prospérité. Les autres – droite et gauche confondus – cherchent des économies de bout de chandelle pour adoucir cette précarisation, comme on augmenterait la température de l’eau dans la casserole d’une grenouille.

De cette politique de l’eau bouillante les femmes seront les premières victimes, les autres suivant de près. En effet, beaucoup occupent des emplois précaires avec des temps partiels cumulés. Elles sont, du fait de possibles interruptions de carrière, souvent discriminées à l’embauche ou encore mises sous pression par l’employeur durant le temps passé en entreprise. L’indisponibilité du corps féminin est déjà aujourd’hui source de précarisation.

La fin du salariat

François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ne prévoient aucune modification de la Loi Macron, qui précarisait en premier lieu les femmes, surreprésentée dans les postes qui subiront le travail le dimanche dans les « zones touristiques nouvelles » que sont les grandes surfaces.  François Fillon et Emmanuel Macron proposent d’aller plus loin encore avec des mesures comme le plafonnement des indemnités de licenciement ; et la restriction des sujets de négociation dans les accords de branches qui signeront la mort des syndicats.

Le salariat protecteur tel que nous le connaissons va disparaître. Emmanuel Macron en est fier ; favorisant autant que possible dans son programme cette dynamique illusoire qui projettera de facto une frange non négligeable de la population dans la précarité. Il est le candidat de l’entrepreneur, de ceux qui ont le gout du risque et la jeunesse pour les prendre. Il cherche par ces dispositions à lisser les emplois salariés sur les emplois cadre sans que les salaires ne suivent. Il veut abattre tous les freins à l’hyper concurrence en souhaitant la mort des professions règlementés.

Sans aller jusqu’à brandir aussi fièrement ses positions libérales, François Fillon n’en n’organise pas moins lui aussi la mort du salariat – et la précarisation de la société qui en est le corollaire. Il s’agit en l’occurrence d’abolir les 35h, et de permettre aux entreprises de définir sans convention préalable un temps de travail de 39h. La destruction définitive des avantages des fonctionnaires qu’il propose va également dans le sens d’une précarisation générale de la société. Si un régime aussi distinct que celui emplois privés représente une injustice évidente, le nivellement par le bas n’est certainement pas la solution. Les avantages des fonctionnaires (flexibilité du temps de travail, reconnaissance de carrière par l’avancement, sécurité de l’emploi, adaptabilité des postes aux difficultés individuelles) étant particulièrement favorables à l’emploi féminin, nous nous étonnons que personne n’envisage à l’inverse de s’en inspirer pour encourager l’égalité des sexes dans le monde du travail.

Benoît Hamon essaie quant à lui de camoufler le problème par l’avènement du revenu universel. Ce revenu de base ne sera finalement qu’une augmentation des inégalités et un droit au silence de tous les citoyens. « Vous n’avez pas d’emploi ? Vous avez un revenu alors de quoi vous plaignez-vous ? ». Ce revenu de base est en réalité la mise en place de la précarisation d’une frange de population qui n’aura rien à gagner de plus que cette base. Les salaires seront immédiatement tirés vers le bas, chacun ayant déjà de quoi « vivre ».

Le congé parental en danger

En raison du manque d’adaptation des entreprises et du cadre légal du travail aux contraintes et responsabilités liées à leur potentielle maternité, les femmes sont les plus touchées par les emplois précaires, les temps partiels cumulés, les carrières en pointillés, ainsi que le travail le dimanche (80% des travailleurs du dimanche sont des femmes). Tiraillées entre vie familiale et vie de travail, les candidats tranchent pour elles ; ce sera travail pour toutes.

Le congé parental en est un bon exemple. Il avait déjà été remis en question par le gouvernement sortant dans la Loi-cadre Egalité Femmes-Hommes de 2013 qui prévoit la prise complète du congé uniquement si les deux parents en prennent successivement une partie. Cela contraint en réalité les familles à ne prendre qu’une partie congés légalement possibles. Il s’agit pour elles d’une réduction de droit plus qu’une égalité.

Pour Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Benoît Hamon, durcir les règles des congés parentaux est un moyen de limiter les écarts de salaires entre hommes et femmes puisque la mesure implique que ces dernières retourneront plus vite sur le marché du travail. La mesure est on ne peut plus bourgeoise : où est le choix pour une femme ayant un travail pénible et peu rémunérateur ? Sans compter que de telles dispositions sont des facteurs propices aux avortements économiques, déjà l’une des premières cause d’avortement en France. Cette mesure nie la liberté de choix des familles sans prendre en compte l’ensemble des causes de la violence économique subie par les femmes.

Marine Le Pen évite la question en retournant à l’état ante concernant les congés parentaux sans se positionner plus avant. Le Front National propose en effet de revenir à un congé parental pouvant être pris indifféremment par l’un des parents, quel que soit son sexe. Si ce retour aux dispositions précédentes est un premier pas important, il n’est toutefois pas suffisant. Le programme de Marine Le Pen reste silencieux sur l’enjeu économique que représente le congé parental pour les familles comme pour l’Etat. Pour que le congé parental soit vraiment un choix pour les femmes, il doit être accompagné de mesures économiques protectrices concrètes. Ce congé parental coûtant cher à nos petites et moyennes entreprises, un allègement fiscal ou un accompagnement quelconque devrait être proposé pour palier cette difficulté. Il n’en est rien.  La mesure reste donc pour nous en demi-teinte.

Sur cette thématique, nous trouverons deux propositions que nous saluons dans le programme de Benoît Hamon, comme l’augmentation du congé paternité de onze jours à six semaines ! Permettre aux familles de vivre l’arrivée d’un enfant réunie est une idée saine. Même si évidement une telle disposition devrait être étendue aux indépendants, et des mesures prévues pour que les entreprises soient le moins pénalisées possible par ces absences.

La seconde disposition est celle qui permet de donner des trimestres « retraite » à son conjoint. Les interruptions de carrière des femmes leur sont préjudiciables de ce point de vue également. Donner aux conjoints la possibilité de se transmettre des trimestres de retraite permet d’alléger ce soucis pour quelques familles, bien qu’elle ne soit pas suffisante pour celles qui choisissent de rester mère au foyer au-delà de la durée légale du congé parental.

L’absence de mesures fiscales

Les mesures fiscales proposées par les candidats ne sont pas révolutionnaires ; témoins là encore d’une progressive précarisation de la société.

Nous retrouvons la traditionnelle recherche autour de l’allègement de la fiscalité des entreprises, avec des propositions de réduction des charges patronales et salariales chez tous les candidats.  Ces mesures communes traduisent les inquiétudes des politiques autours de la question de l’embauche en France. Nous sommes l’un des pays d’Europe le plus chargé. Si cette baisse annoncée ne peut être accueillie que comme une bonne nouvelle, sinon une nécessité, il est important qu’elle ne se fasse pas uniquement dans le cadre des SMIC, au risque de créer un plafond de verre des progressions de carrière. Il ne s’agirait pas non plus que cet allègement se fasse au détriment de la sécurité des salariés ou des prestations sociales de première nécessité tels que les congés parentaux.

Afin de permettre aux femmes de retourner plus rapidement sur le marché du travail, Emmanuel Macron souhaite permettre aux couples d’individualiser leur revenu fiscal. Nous apprécions qu’il laisse ici le choix aux concernés, ainsi que l’allègement et l’aisance des répartitions des activités que permettrait la mesure. Néanmoins, nous déplorons le fait qu’il considère que les difficultés et injustices économiques vécues par les femmes se résument à leur indisponibilité pour le marché de l’emploi.

Par ailleurs, si l’individualisation s’avérait – comme il est à craindre – ne plus être optionnelle, cette disposition réduirait fortement la chance pour une femme de classe moyenne de s’arrêter pour passer du temps avec ses enfants. Cette individualisation des déclarations allégerait le poids fiscal des individus au profit d’un alourdissement de la fiscalité des familles, obligeant les femmes à reprendre le travail. Permettons-nous de rappeler que toutes les femmes ne vivent pas – et ne souhaitent pas – des carrières mirobolantes. Nous ne sommes pas toutes « Miss Sloane ».

A l’image de ses mesures économiques, Marine Le Pen prévoit une fiscalité bénéfique aux familles, avec le refus du prélèvement à la source. Ce prélèvement est au vu de l’impôt en France parfaitement liberticide, puisque cette déclaration très personnalisée passerait alors entre les mains de l’employeur. La vie privée de chacun y serait ainsi étalée aux vues et aux sus de ce dernier : pension alimentaire, emploi de femme de ménage, garde d’enfant, divorce, propriété, legs, parents à charge…

Par ailleurs le Front national prévoit de rehausser le quotient familial et de permettre la solidarité intergénérationnelle dans le legs. Autant de dispositions profitables aux familles en difficulté économique, qu’il s’agisse de mères célibataires ou de familles nombreuses.

 

Les droits des femmes, la grande illusion

Si certains des programmes analysés laissent à penser qu’il existe des nouveautés en matière de droit des femmes, c’est une illusion. En réalité, aucun ne propose des innovations en la matière.

Egalité salariale

Véritable topos des questions liées aux femmes, les programmes des candidats restent peu prolixes sur le sujet. En somme, seul Benoît Hamon s’y attarde, prévoyant un durcissement des peines pour les entreprises qui ne respectent pas les égalités de salaire.

Rappelons que cette solution proposée par tous les mouvements politiques n’est pas une réponse au premier facteur de discrimination à l’embauche envers les femmes : le congé maternité (et parental) dont le coût pèse notamment aux petites et moyennes entreprises. Renvoyer les femmes au travail le plus rapidement possible ainsi que le prévoient plus ou moins explicitement les mesures analysées plus haut n’est pas non plus une solution. Permettre aux femmes de s’arrêter de travailler pour élever ses enfants si elles le souhaitent est une priorité pour les individus – le temps ne s’achète pas, comme pour la société – des enfants aux parents épuisés ne sont pas le gage d’une société stable.

La question des quotas

Pour tous les candidats à l’exception de Marine Le Pen, il semble évident que le futur gouvernement sera strictement paritaire. Une telle mesure ne palliera pourtant pas l’absence des femmes en politique, domaine professionnel que fuient les femmes car envisagé comme non sécuritaire et chronophage.

Moralisation du monde politique et réorganisation du travail dans les postes à responsabilité ne seraient-elles pas de meilleures réponses que des quotas qui ne feront que favoriser la misogynie ordinaire ? Nous ne voulons pas que les femmes soient présentes à leurs postes à titre de quotas et/ou pour éviter des amendes et non pour la qualité de leurs compétences. Ou même qu’on suspecte celles qui méritent leur poste de ne le devoir qu’à un calcul mathématique.

On est en droit de s’interroger sur un système qui fait passer le sexe avant les compétences comme critère de choix, qu’il s’agisse de favoriser les femmes ou les hommes. Un gouvernement paritaire n’est ainsi en rien le gage d’une amélioration des conditions d’accessibilité des femmes en politique.

Ou alors peut-être que Monsieur Fillon, lorsqu’il propose de la même façon de « supprimer les aides publiques à toutes les associations qui ne respectent pas l’égalité homme/femme » cherche à faire mettre à Osez le Féminisme la clef sous la porte ?

La PMA et la GPA

Benoît Hamon dans un chapitre concernant ce qu’il appelle des « nouveaux droits » pour les femmes, évoque la question de la PMA. Cette question épineuse n’est pas abordée par les autres candidats, trop timorés pour oser se prononcer sur un sujet qui fait tant débat aujourd’hui.

La PMA est aujourd’hui en France réservée aux couples hétérosexuels ayant des difficultés à concevoir un enfant. Le recours à cette pratique est en pleine expansion pour diverses raisons. Parmi celles-ci l’augmentation inquiétante de la stérilité tant féminine que masculine, mais aussi le choix que font les couples d’avoir des enfants tardivement, pour raisons économique notamment. L’enfant-projet tant attendu par un couple enfin prêt économiquement à l’accueillir est aujourd’hui conçu comme un droit des mères. Droit qui s’exerce via l’IVG mais aussi la PMA.

Notons au passage que le recours croissant à la PMA est un symptôme d’une véritable crise sanitaire liée à la consommation croissante de perturbateurs endocriniens, pourtant jamais abordée dans les débats en vue de l’élection présidentielle. Il y va pourtant de notre santé…

La PMA peut être justifiée pour les couples hétérosexuels comme une solution technique ayant vocation à résoudre un accident – au sens philosophique. Mais lorsque le Parti Socialiste, en la personne de Monsieur Hamon, suggère de l’ouvrir aux couples de même sexe et aux femmes seules, cela revient à instaurer un droit à l’enfant même lorsque les conditions naturelles pour le concevoir ne sont pas réunies au moins en puissance. Pourtant, comme l’enfant pourrait-il être un droit des femmes alors même que la génération n’est ni la propriété de l’Etat, ni la propriété des parents ?

Plus grave encore, nous entrons par cette disposition dans le transhumanisme, avec le fantasme d’un homme – femme en l’occurrence – augmenté qui peut enfanter seul. La technique n’a plus pour rôle de réparer un accident mais d’augmenter artificiellement les capacités naturelles de l’être humain pour permettre aux femmes qui le souhaitent de faire un enfant toutes seules. Cette disposition est lourde de conséquences anthropologiques. Elle ouvre d’ailleurs grand la porte à son corolaire pour les couples d’hommes, la Gestation Pour Autrui.

Si aucun candidat ne s’est déclaré à proprement parler favorable à la GPA, deux d’entre eux se positionnent en sa faveur implicitement puisque Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon proposent d’élargir les moyens de reconnaissance d’un enfant.

Sur les violences faites aux femmes

Sur un sujet aussi primordial que celui des violences faites aux femmes – nous ne reviendrons pas sur la question des violences économiques déjà évoquées plus haut – chaque candidat y va de son commentaire. Pourtant, aucun à l’exception de Marine Le Pen ne propose de revenir sur la Loi Taubira II, surnommée « la prison pour personne », qui prévoit l’inapplication de peine de prison de moins de deux ans pour les coupables.

Cette rupture avec l’applicabilité des peines n’est pas favorable aux femmes – les plus victimes de violences. Pour qu’un système pénal soit respecté, pour que nous puissions avoir confiance dans celui-ci, il est nécessaire d’avoir la certitude que Justice soit rendue. Ce retrait est donc une bonne nouvelle pour les femmes victimes de violences, d’autant plus que cette mesure est accompagnée de son corollaire utile ; l’augmentation des places dans les prisons.

François Fillon se concentre sur l’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences, qui est effectivement une priorité étant donné la longueur des listes d’attente. Pourtant, nulle mention des coupables, qui pour beaucoup resteront impunis grâce à cette fameuse Loi Taubira II.

Il propose également d’« aider les associations de mères qui luttent dans les quartiers contre la radicalisation de leurs enfants ». Les mères – commères en puissance – sont ainsi assignées à un rôle de surveillance sociale. Proposition contre nature qui prévoit qu’elles signalent à la police leurs propres enfants. Une telle ode à la délation n’a que peu de chances d’avoir des suites.

Dans son chapitre dédié à la question des femmes, le programme du Parti Socialiste propose pour lutter contre les violences à leur encontre des mesures de principe sans conséquence réelle sur la vie des femmes, comme par exemple la sensibilisation contre le sexisme.

Benoît Hamon annonce par contre clairement sa position sur l’IVG par sa volonté de voir le territoire français tapissé de plannings familiaux. Rappelons ici que le Parti Socialiste refuse de considérer que l’IVG puisse être source de violences pour les femmes. Nous vous invitons à ce sujet à lire nos écrits concernant l’avortement. C’est notamment cette non-reconnaissance de la violence de de la détresse qui accompagnent un tel acte qui mène à penser l’avortement comme « un droit », alors qu’il n’est que le révélateur d’une situation d’échec reposant entièrement sur les femmes.

 

Et nos libertés ?

On assiste aujourd’hui à un revirement en faveur de la sécurité, devenue la première préoccupation des Français au détriment de la défense de nos libertés individuelles. Du choix de ses vêtements à celui de l’école de ses enfants en passant par le droit d’aller et venir librement, nos libertés sont compromises. Les candidats ne s’affrontent plus que sur le domaine sécuritaire sans que personne de se préoccupe de les préserver.

Education en danger

Sur les questions d’éducation, la tendance est à restreindre les libertés des parents, soit par crainte de l’Islam comme dans le programme de Marine Le Pen, soit par libéralisme avec la vente de nos universités au plus offrant par François Fillon, soit par socialisme totalitaire avec l’école obligatoire dès 3 ans pour les trois autres candidats.

Sur la question scolaire, le programme de François Fillon est inquiétant – notamment au sujet des facultés. Le candidat propose le rapprochement des universités et des entreprises, pour un financement mi-privé mi-public de notre enseignement supérieur. Les entreprises formeront ainsi leurs cadres et leurs consommateurs au sein des universités, sans permettre un enseignement autonome de l’économie contemporaine aux étudiants. Tout notre système éducatif a déjà pour objet l’insertion et la reproduction socio-économiques, comme le montre brillamment Michéa dans L’Enseignement de l’ignorance. Le financement des facultés par des entreprises à objectif économique est une menace pour l’autonomie intellectuelle de nos étudiants. Par ailleurs, si un rapprochement des universités avec le monde du travail peut être à certains égards bénéfique, on peut craindre qu’à l’image des produits de grande consommation, des formations pensées uniquement en fonction des besoins ponctuels et immédiats des entreprises ne soient des cursus à date de péremption courte, voire à obsolescence programmée. Quid ensuite des jeunes travailleurs uniquement formés à couvrir les besoins de telle ou telle entreprise lorsque ceux-ci auront changés ?

Benoît Hamon et Emmanuel Macron proposent quant à eux la scolarisation obligatoire dès 3 ans. La proposition n’est pas nouvelle du côté des Socialistes, pour lesquels les savoirs, idées, ou religions transmis dans les familles sont une source d’inégalités qu’il revient au système républicain de rectifier. Nous ne pouvons considérer l’école comme une source d’émancipation des élèves lorsque celle-ci les prend au berceau pour les soustraire à leur culture familiale, dans un contexte où l’enseignement des « Valeurs Républicaines » est considéré comme supérieur à la transmission du savoir. Nier les réalités familiales, la nécessaire transmission au sein des familles, c’est piétiner le rôle des parents et en particulier celui des femmes, des mères de famille.

Si nous saluons la disposition du Front National mettant en valeur l’apprentissage, nous regrettons ses propositions liberticides sur l’école. Marine Le Pen choisit de nier cette liberté pourtant primordiale des familles de choisir l’éducation de leurs enfants pour des raisons sécuritaires. Elle n’envisage ni école libre, ni véritable choix scolaire de peur de la multiplication d’écoles coraniques. L’école est envisagée comme un outil assimilationniste, arme d’une république mourante, et la famille se voit privée du choix de l’éducation de ses enfants.

On retrouve ainsi en creux chez tous les candidats, par les mesures que nous venons d’évoquer comme par l’absence de dispositions concernant l’instruction en famille ou l’autonomie des établissements scolaires, une validation tacite du projet de loi Ciotti dont vous pouvez retrouver un commentaire sur notre site.

Frontières et Islam

Si l’Islam est dans les programmes des candidats montré du doigt comme source d’échec de l’assimilation et enjeu clef de la lutte contre le terrorisme, on s’étonne que la question des frontières, pourtant cruciale, ne soit abordée que dans le programme de Marine le Pen. Et encore, celle-ci n’aborde la question encore une fois que sous l’angle de l’islamisme.

Nous choisissons d’aborder la question dans notre chapitre consacré aux libertés parce que cette question de l’Islam, toujours rapportée à celle de la sécurité, est devenue l’occasion pour les candidats de promouvoir une perception totalitaire de la « neutralité » laïque, tandis que la volonté de maintenir nos frontières ouvertes focalise l’attention des Français sur des débats autour de la tenue vestimentaire des femmes à qui on demande de choisir entre être voilée ou violée.

Le Front national développe une vision de la laïcité proche de celle d’Emmanuel Macron. En France, la laïcité est progressivement devenue un rejet de toute spiritualité dans l’espace public, niant la nature même de ce qu’est une religion pour ceux qui croient en une transcendance. La religion perçue comme affaire purement privée est une chimère dangereuse qui nous mène à un chapelet d’interdictions liberticides. A force de vouloir légiférer jusque sur les tenues vestimentaires des femmes, la laïcité est devenue l’avènement de la religion du jean uniforme. Elle est aujourd’hui le fer de lance d’une islamo paranoïa contraire à nos libertés.

Sur cette question de la laïcité, qui est au cœur du débat présidentiel, François Fillon a une perception plus conforme aux origines de la Loi 1905. Le fait religieux est reconnu comme partie prenante de la vie citoyenne, avec par exemple la présence d’aumôniers dans les hôpitaux ou hospices. Il n’en reste pas moins que la question de la laïcité – même celle « des origines » — interroge quant on sait que seuls sept pays au monde se revendiquent laïques.

Libertés et Union Européenne

L’Europe est une question qui divise les candidats, avec d’un côté Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, et de l’autre trois candidats profondément européistes. Ces derniers développent chacun leur perception de l’Europe, d’une l’Europe absolument conforme aux directives de Bruxelles d’Emannuel Macron à la France européenne de François Fillon ou Benoît Hamon.

Le candidat européen par essence est Emmanuel Macron qui voit le salut de la France dans les recommandations européennes. Rappelons que la Loi Macron était déjà une demande de l’Europe ; c’est elle qui appelle de ses vœux la destruction des syndicats et des professions règlementés…

Il n’est pas le seul candidat à proposer de se conformer aux directives européennes. François Fillon comme Benoît Hamon n’hésitent pas à les mettre en avant lorsqu’elles leurs conviennent. Et lorsqu’elles ne leur conviennent pas, soulignons que les dispositions protectrices qu’ils proposent seraient impossibles à mettre en place du fait même de cette l’Europe qu’ils défendent. Citons par exemple la préférence française pour les PME et TPE, ou la diminution du coût de l’électricité… autant de points sur lesquels l’Union européenne a déjà tranché.

La perception du territoire français des trois candidats européistes se ressent de cet attachement à l’Union Européenne. La dynamique actuelle semble être de considérer de plus en plus régions et départements comme des länder français.

A l’inverse, le Front National prévoit la disparition des communautés de communes et souhaite redonner du poids aux maires. Depuis l’avènement de ces communautés de commune, le poids des citoyens sur leur localité est réduit à néant, avec des maires devenus des fonctionnaires privés de leur capacité décisionnelle. Cette proposition permettrait au contraire un regain de la vie communale en privilégiant une politique de proximité. Les femmes, particulièrement actives dans le tissu associatif et la localité, pourraient mieux y rayonner.

 

Le transhumanisme fait battre leur cœur

Cyber-sécurité, e-santé, robotisation… autant de « progrès » auxquels les Français sont appelés par les candidats à s’adapter, de gré ou de force. L’urgence semble être d’accompagner notre mutation en cyber-société.

Le programme assez court de Jean-Luc Mélenchon ne s’attarde par sur ce point finalement assez consensuel. François Fillon[1], Emmanuel Macron[2], Marine Le Pen[3] et Benoît Hamon[4] par contre, y consacrent de longues dispositions classées, soit dans les avancées économiques, soit dans la sécurité, soit dans la santé.

Le plus  symptomatique est le programme de François Fillon[5], qui voit l’utilisation massive des nouvelles technologies comme une priorité puisqu’il l’inscrit dans ses dispositions dites « urgentes ». On y trouve des mots clefs du transhumanisme : cybertsurveillance, e-santé, agritech, blockchain, open data pour tous…

Si les nouvelles technologies sont sans aucun doute un outil utile pour faciliter notre quotidien, elles emportent avec elles leur lot de dangers, pour nos libertés notamment. Elles sont d’autant plus dangereuses lorsqu’elles sous-tendent une vision de l’homme comme d’une machine à parfaire.

Dans les programmes de François Fillon et Marine Le Pen, leur utilisation est principalement justifiée par le soucis sécuritaire, avec par exemple la proposition du Front National de fusionner Carte d’Identité Nationale et Carte Vitale « biométrique ». Nous avançons à grands pas vers une société façon Bienvenue à Gattaca. Le contrôle des citoyens sous couvert de lutte contre l’islamisme revient toujours à limiter les libertés des honnêtes gens, la loi étant la même pour tous.

Dans le programme d’Emmanuel Macron, c’est d’abord la doctrine libérale qui justifie la mise en avant d’un transhumanisme qui ne dit pas son nom. Pour ce candidat pour lequel la politique n’existe qu’à travers le prisme d’une économie débridée – au prix d’un Etat fort aux faibles et faible aux forts, ceux qui n’ont rien à cacher n’ont pas d’intimité à préserver. Là aussi, les nouvelles technologies sont un moyen de surveiller toute activité hors-la-loi, au prix d’une surveillance généralisée de la population (et de ses opinions ?).

La prospérité, l’ordre et la cohésion d’un pays libéral ayant leur fondement dans l’économie, la surveillance des citoyens prend dans la perspective d’Emmanuel Macron une seconde fonction.  Elle est un outil d’entretien du système, permettant de mesurer qui participe, où, quand et comment, au système de consommation – et de déterminer comment stimuler cette participation. Bienvenue dans l’ère du big data !

Le programme de Benoît Hamon n’échappe pas à cette fibre technophile, avec sa « confiance dans le numérique » et sa « contribution sociale sur les robots ». Le revenu universel prend une toute autre dimension sous l’éclairage du transhumanisme : il devient une solution compensatrice à la robotisation en passe de changer notre économie et surtout notre organisation sociale.

Notre engagement de femmes nous porte à nous opposer, fermement et radicalement, à cette technophilie sans recul. Prétendre résoudre des problèmes humains par la technique, comme les déserts médicaux avec la e-santé, ou le terrorisme avec la cyber-surveillance, est un leurre. Les problèmes eux-mêmes sont éludés en faveur d’un pis-aller. Une e-consultation, une caméra de surveillance, peuvent sembler anodins à première vue – de simples outils pratiques correspondant à nos nouveaux besoins ; mais il faut les remettre en perspective, et ne pas perdre de vue l’horizon qui se dessine : celui du transhumanisme.

Cette fuite en avant de la technique annonce l’ère de homme augmenté, le transhumain dont l’outil n’est plus un adjuvant extérieur, mais une seconde nature. Avec la e-santé et la cybersurveillance, la société qui s’annonce n’est plus à la mesure de l’homme, elle est dé-mesurée par l’hybris technicienne.

Le sujet nous tient à cœur parce les femmes sont  les derniers remparts à cette société liquide, à ses fantasmes de rapidité, d’immédiateté et de toute-puissance. Le corps féminin, avec ses cycles, ses grossesses, sa fécondité, est par nature hors de l’illimité. Un cycle féminin est un éternel recommencement, dans lequel ce qui est possible aujourd’hui ne l’est pas demain. Le corps des femmes est changeant, son temps est discontinu – premières règles, grossesses, enfantements, allaitements, sevrages, ménopause le rythment et le limitent. Ce temps des femmes est à la base de toute vie humaine, de toute organisation sociale.

Lorsque l’illimité du temps et de l’espace devient une solution aux problèmes humains, les bornes sont franchies et tout est orienté vers la disponibilité humaine, y compris celle des femmes. La maternité naturelle étant une barrière à cet illimité ; elle sera le dernier obstacle à éliminer. De la voiture autonome à l’utérus artificiel, il n’y a finalement qu’un pas.

En outre, la simple idée de remettre nos vie au bon fonctionnement des machines – qu’il s’agisse de la protection de nos données, de notre sécurité ou de notre santé – est une aberration anthropologique. Ne serait-il pas considéré comme un fou l’homme qui verrait son salut et sa liberté dans un marteau ou une faucille ? Cette obsession technicienne et matérialiste réduit l’homme à l’état de prototype en évolution ; tandis que nos libertés sont le prix à pays pour garantir notre sécurité et l’efficacité de notre système économique.

Soulignons un dernier détail : la e-santé et les techniques de cyber-surveillance fonctionnent grâce à des bases de données qualifiées et chiffrées ; or le commerce de données est certainement le plus lucratif des marchés. Nos vies personnelles – nombre d’enfants, opérations chirurgicales, maladies traversées, anomalies génétiques, habitudes alimentaires, itinéraires quotidiens, transactions monétaires… – seront vendues à prix d’or, et serviront les banques et les compagnies d’assurances en quête du risque zéro, ou encore les sites de rencontres, les distributeurs de cacahouètes… et pourquoi pas votre employeur ou l’école de vos enfants ?

L’habitude veut qu’on ne demande pas son âge à une femme. Demain, ne sera-t-il plus qu’une donnée parmi d’autres avec son opération pour un cancer du sein, le nombre d’enfants qu’elle a enfantés, et ses frottis bisannuels ?

 


 

Au terme de cette analyse croisée, il ne nous reste plus qu’à brosser le portrait des candidats dont nous avons examiné les programmes.

Fillon ou la droite d’affaire opportuniste et affairiste

François Fillon, candidat à la présidence de l’UMP, pose ici à l’Assemblée Nationale.

Malgré la primaire qui annonçait des divergences « cruciales » entre les candidats de la droite républicaine, François Fillon reste le candidat du parti, comme en atteste son programme : il est l’héritier d’une droite opportuniste et affairiste. Critique de façade de l’Union Européenne, posture empreinte de progressisme – François Fillon est fidèle à ce que fut l’UMP et à ce que sont aujourd’hui Les Républicains. Il est le candidat de la continuité et du zéro changement, il reprend l’existant, avec quelques réorientations futuristes dans le domaine du numérique.

Le programme des Républicains, c’est un petit mot gentil pour chaque profession et chaque situation, familles de veufs, familles avec enfant handicapé, chômeurs, pêcheurs ou chasseurs. En revanche, pas de pitié pour les fonctionnaires dont le régime est définitivement aligné sur celui des salariés.  Cette mesure va dans le sens d’une précarisation générale de la société qu’il n’est pas le seul candidat à chercher à accompagner en douceur pour faire passer la pilule aux Français.

Pour aller plus loin, un commentaire détaillé du programme de François Fillon

Macron ou le libéral girouette

Le programme libéral d’Emmanuel Macron a mis du temps à voir le jour : très attendu, le jeune candidat n’avait pas souhaité se plier à l’exercice avant que la pression médiatique ne le lui impose. Le résultat ? Un papier bâclé et imprécis, tant sur la forme que sur le fond.

Pourtant, des mesures à proposer, il en avait. Ses premières déclarations d’intention figuraient dans un « projet » à l’attention des adhérents et dans son ouvrage Révolution. Les idées qui y étaient exposées précisément sont contredites par son programme électoral actuel. Où est l’augmentation annoncée de la CSG qui devait compenser la baisse des cotisations patronales et salariales ? Comment rééquilibre-t-il la diminution de l’ISF maintenant qu’il a décidé de ne plus toucher aux « rentes immobilières » ? Entre ses premiers et derniers écrits des dispositions d’importances ont disparues. Il ne reste de son travail qu’une vague pétition de principe à connotation libérale.

Emmanuel Macron ne conçoit de politique qu’économique – et d’économie que libérale. On retrouve dans ses mesures la dynamique du capitalisme libéral libertaire, celui qui voit d’abord le corps féminin comme un objet de consommation, une source de profit. Les femmes y sont les premières consommatrices – le panier d’achat de la « ménagère » étant l’aune de son bonheur, et les premières consommées. Les femmes savent que tout n’a pas vocation à être économique : elles en font l’expérience dans leur chair. Le libéralisme d’un Emmanuel Macron cherche pourtant à leur vendre l’épanouissement par la consommation. Les cycles menstruels ? La grossesse ? La ménopause ? Des limites naturelles qu’une politique libérale transforme en occasion renouvelée de consommation, quitte à les briser.

Pour aller plus loin, un commentaire détaillé du programme d’Emmanuel Macron

Hamon ou le candidat de la précarisation sociale

Benoît Hamon est l’un des candidats principaux de Nuit Debout. Ces jeunes sont ses électeurs quand ils ne sont pas mélenchonistes. Il prend donc très à cœur les revendications de la manifestation comme le 49-3 citoyen.

Son programme très léger oscille entre pétitions de principes et mesurettes techniques. Nous noterons d’une part que beaucoup de ses initiatives sont malheureusement parfaitement contraires au droit européen ; et d’autre part que de même qu’Emmanuel Macron ou François Fillon, il prépare la fin du salariat et des protections comme nous les connaissons aujourd’hui. Le tout avec toutefois une fibre plus socialiste comme dans sa proposition de revenu universel.

Cette précarisation de la société met pourtant directement en difficulté les femmes qui ont des temps partiel ou des emplois précaires. Pour ce qui est des questions purement féminines le candidat socialiste reste sur des mesures de principe légères comme par exemple lutter contre le sexisme par la sensibilisation.

Pour aller plus loin, un commentaire détaillé du programme de Benoît Hamon

Marine Le Pen ou le féminisme de nos grand-mères

Le programme de Marine Le Pen a le mérite d’être très dense et très précis sur les points économiques, fiscaux et sécuritaires : 144 points. La question féminine est toutefois un sujet que Marine Le Pen a mis du temps à aborder et avec lequel elle se familiarise doucement et timidement.

Son programme s’avère héritier d’une vision soixante-huitarde des femmes. Elle n’est pas favorable aux quotas parce que la femme est « un homme comme les autres » et défend des « libérations féminines » qui nient toute spécificité aux femmes. En bref, Marine Le Pen c’est un peu le féminisme de grand-maman avec comme source de liberté l’avortement ou la pilule ! Ce train de retard sur la réflexion des féministes contemporaines prônant une égalité intégrée revient finalement à une absence de discours sur les questions féminines. Si les féministes institutionnelles sombrent aujourd’hui dans des dérives préjudiciables aux femmes, il n’est pas question pour autant de faire machine arrière. Le contexte actuel impose des réponses que le programme de Marine Le Pen n’apporte pas aux femmes.

Pour aller plus loin, un commentaire détaillé du programme de Marine Le Pen

La sixième république travailliste de Mélenchon

Très attendu par les réfractaires à la Loi Macron, Mélenchon reprend avec attention les aspirations démocratiques des « nuit deboutistes ». La « logique ouvrière » dont il est héritier se ressent dans sa manière d’évoquer le travail. Il répète à plusieurs occasions qu’il est nécessaire d’avoir des travailleurs. « Les emplois remplissent les caisses. » Pour lui, les femmes sont ainsi une ressource mal employée. C’est dans ce cadre qu’il est à proprement parler égalitaire. Sa sixième république sera celle d’une utopie travailliste et jacobine.

Il n’envisage la liberté que sous le prisme d’un travail justement accompli, il souhaite lutter contre les temps partiels en tant que fruits d’un capitalisme sauvage dont les femmes sont les premières victimes. Pour autant, il ne propose rien aux femmes pour s’extraire de situations économiques difficiles, notamment lorsqu’elles ont des enfants, ni même de solutions concrètes pour permettre une vraie implication des femmes dans la sphère publique.

Nous vous proposons également sur notre site un résumé de ce travail, et surtout, nos propres propositions aux candidats pour apporter des solutions concrètes aux problématiques des Françaises.

 


 

[1] L’objectif numéro 1 en matière économique est l’association avec l’Allemagne sur des projets comme les « voitures autonomes, bâtiment connecté …»

[2] L’ouverture au public des donnés administratives, le renseignement des moyens numériques

[3] Carte d’identité fusionnée avec la carte vitale biométrique, e-santé ou cybert surveillance : points 7, 8, 70 et 71 du programme

[4] Hamon indique sa « confiance dans le numérique » et sa « contribution sociale sur les robots ».

[5] « Faire de la télémédecine et de la e-santé un levier pour la modernisation et l’efficacité de notre système de soins : généraliser la télémédecine et les téléconsultations, grâce à un remboursement incitatif de ces actes, qui soit adapté à la prise en charge pluridisciplinaire ; permettre le déploiement rapide des objets connectés de santé, notamment pour un meilleur suivi de l’observance des soins à distance ; déployer l’analyse massive des données de santé en utilisant les nouvelles technologies de big data et d’intelligence artificielle ; rendre plus efficient le parcours de soins du patient grâce au développement de plateformes de services numériques. » Ou encore : « Assurer la cybersécurité des citoyens, des entreprises et des institutions. Pour cela, modifier le cadre réglementaire européen, d’une part en exigeant que toute activité sensible en Europe soit supportée par des solutions (hardware et software) maîtrisées ; d’autre part en acceptant des dérogations aux règles de la commande publique lorsque notre autonomie stratégique et notre cybersécurité sont en jeu. »

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