Les méthodes naturelles sont-elles fiables ?

Depuis quelques jours, Internet est envahi d’articles avertissant les femmes des « dangers des méthodes naturelles ». Les sites grands publics vulgarisent à grand coups d’approximations la doxa officielle sur le sujet, selon laquelle ces méthodes ne seraient pas fiables. Qu’en est-il vraiment ?

Le premier problème qui entoure ces fameuses « méthodes naturelles », c’est que selon le contexte, le terme peut désigner des réalités très différentes. D’un côté, leurs détracteurs regroupent sous cette appellation la méthode Ogino, qui propose aux femmes de compter les jours de leurs cycles, le retrait ou coït interrompu, la symptothermie, la méthode Billings, et j’en passe et des meilleures. En somme, toutes les méthodes de régulation des naissances qui ne sont ni chimiques, ni mécaniques sont rangées dans le même sac, et également considérées comme des archaïsmes « moyen-âgeux » faisant peser sur les femmes le spectre terrible d’une grossesse non désirée.

Or parmi ces méthodes, certaines sont tout aussi fiables que les méthodes chimiques et mécaniques, avec un indice de Pearl équivalent ou supérieur. Parmi elles, la méthode Billings, qui se base sur l’observation de la glaire cervicale, la méthode sympto-thermique, qui ajoute la température comme signe de confirmation, la MAO, ou encore la méthode Fertility Care… Contrairement au retrait ou au décompte des jours, ces méthodes se fondent sur une connaissance scientifique du cycle féminin. Leur fonctionnement est simple : il s’agit pour les femmes d’observer chaque jour les signes corporels qui indiquent si elles sont ou non en période fertile. Si les signes à observer varient selon les méthodes, toutes permettent de déterminer avec précision les jours durant lesquels un rapport sexuel peut mener à une grossesse.

Les faibles taux de fiabilité présentés dans les chiffres officiels en France sont attribuable d’une part au mélange avec des méthodes aussi peu fiables que le coït interrompu ou le décompte des jours, et d’autre part avec des préjugés quant au fonctionnement de ces méthodes. Un argument souvent repris est ainsi que ces méthodes ne prendraient pas en compte les spécificités du corps de chaque femme, le stress ou la maladie qui peuvent venir interférer avec son cycle. C’est pourtant tout le contraire que proposent ces méthodes : basées sur une observation quotidienne du corps, elles permettent aux femmes de constater les impacts éventuels de leur vie sur leur cycle plus sûrement que n’importe quelle méthode de contraception, et particulièrement que celles, comme la pilule, qui entravent au contraire le bon fonctionnement du corps.

Notons toutefois que la fiabilité de ces méthodes dépend de la régularité des observations quotidiennes, et nécessite de se former auprès d’un moniteur / monitrice. Evidemment, il reste un risque de grossesse non désirée ; mais on oublie trop souvent que les méthodes contraceptives classiques n’ont pas non plus une fiabilité de 100%. C’est aux femmes et aux couples de prendre leurs responsabilités sur le sujet et de se rendre à l’évidence : sur le plan strictement biologique, la conséquence probable d’une relation sexuelle, c’est l’arrivée d’un enfant !

Anne

Pour en savoir plus sur les taux de fiabilité de ces méthodes :

https://cyclenaturel.fr/methodes-observation-cycle/contraception-efficace/

http://www.methodes-naturelles.fr/passer-a-laction/que-dit-la-science/theses.pdf

 

Les publications des Antigones sur le sujet : 

http://lesantigones.fr/cafe-2-contraception/

https://lesantigones.fr/cafe-3-methodes-naturelles/

http://lesantigones.fr/methodes-naturelles-autonomie/

http://lesantigones.fr/methodes-naturelles-contraignantes/

http://lesantigones.fr/contraception-vs-regulation/

 

Pour s’engager

Une pétition a été co-signée par plus de 300 professionnels de santé contre la désinformation autour des méthodes naturelles. Vous pouvez la signer ici :

https://www.unepetition.fr/prosante-profertilite

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