Les politiques antifamiliales, nouvelle violence faite aux femmes

Troisième et dernier terrain de lutte choisi par les Antigones à l’occasion de la petite marche contre les violences faites aux femmes,

Les violences économiques et sociales qui touchent toute la société, nombreuses en temps de crise, fragilisent particulièrement les femmes qui ont des enfants. Celles d’entre nous qui choisissent la maternité ne peuvent plus la vivre comme elles le souhaitent, décidant elles-mêmes du nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir et de la manière dont elles veulent s’en occuper. Le discours officiel prône la liberté des femmes, mais sa réalité est de plus en plus contrainte par les conditions économiques et légales, constituant ainsi une violence nouvelle à l’encontre des femmes.

Baisse du quotient familial :

Le quotient familial, qui vise compenser l’impact nécessairement plus grand de la TVA sur les familles nombreuses, a été baissé par le gouvernement cette année. D’après Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale des allocations familiales, sa baisse va non seulement pénaliser les familles aisées, mais également « des familles qui, jusque-là, pouvaient être non-imposables. Le fait d’être imposable les amènera peut-être à perdre leurs aides sociales : c’est la gratuité de la cantine par certaines municipalités, des aides, voire aussi la gratuité d’accès à des centres culturels et sportifs ». Les ménages les plus modestes auront eux aussi « du mal à faire face ». Entre les frais supplémentaires et les crédits d’impôts en moins, la liberté pour les femmes de choisir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent est fortement réduite.

Congé parental :

Le choix de prendre ou non un congé parental, et celui de savoir qui, dans le couple, le prendra, relève également de notre liberté. Les couples doivent pouvoir choisir qui prendra des congés à la naissance de leurs enfants. L’obligation du congé paternel prévue par la réforme du congé parental restreint la liberté des couples de choisir eux-mêmes comment accompagner leurs enfants et fragilise la stabilité économique des foyers dont le revenu principal est celui du père – le congé parental est un choix du couple non imposable par l’Etat.

Impossibilité d’accouchement à domicile :

Le contrôle des choix de maternité des femmes commence dès l’accouchement. Le prix rédhibitoire des assurances de responsabilité civiles pour les sages-femmes (20 000 Euros minimum alors que le revenu moyen d’une sage-femme en France s’élève à 25 000 Euros par an…) revient de fait à annuler la possibilité pour les femmes d’accoucher à domicile. Le 1er octobre dernier, l’Etat a rappelé que toute sage-femme dérogeant à cette obligation risquerait la radiation, l’interdiction d’exercer, et des sanctions pénales. Nous défendons la liberté des femmes d’accoucher dans les conditions dont elles auront librement décidé et demandons au gouvernement de se pencher sur le statut des sages-femmes. L’accouchement est un acte naturel, qui n’a besoin d’être médicalisé que s’il y a risque pour la mère ou l’enfant. Nous revendiquons la liberté d’accoucher dans l’environnement et avec les personnes de notre choix.

Pourquoi le législateur et le marché devraient-ils ainsi décider à notre place de la manière dont nous devons vivre notre maternité ? Ce n’est ni au marché, ni même au législateur de nous imposer la façon dont nous devrions vivre notre maternité. Serions-nous donc trop inconstantes, naïves ou inconscientes pour prendre nous-même des décisions ? La liberté de choix doit rester nôtre.

 

 NOTES:

http://www.francetvinfo.fr/economie/menages/allocations-familiales/allocations-que-signifie-la-baisse-du-plafond-du-quotient-familial_338790.html

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/reforme-du-conge-parental-des-mesures-souples-et-justes-pour-l-egalite

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/29/l-accouchement-a-domicile-proche-du-trepas_3498228_3234.html

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/d%C3%A9fendons-notre-droit-%C3%A0-accoucher-%C3%A0-domicile-avec-une-sage-femme?share_id=AbMoblCSbS&utm_campaign=share_button_chat&utm_medium=facebook&utm_source=share_petition

1 Commentaire

Ajoutez les vôtres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *