J’aime être une femme – Anne

 

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Ce que j’aime dans le fait d’être une femme ? Mon corps de femme tout d’abord. Ce qu’on ne dit pas assez sur le corps féminin, c’est à quel point il est changeant. Ce corps polymorphe me fascine.

A l’échelle d’une vie, une femme comme un homme voit son corps grandir, mûrir, vieillir, avec le temps qui marque son passage. D’abord un corps doux, fragile,  et vulnérable de jeune pousse pleine de sève et promise à un avenir joyeux. Un corps qui se métamorphose ensuite, duquel le corps d’adulte de chacun émerge avec lenteur et poésie. Quel bel âge que l’adolescence pour le corps des femmes ! Corps éphémère comme une floraison de printemps, il annonce avec une beauté particulière et subtile les joies savoureuses qui accompagneront son mûrissement vers un corps dans son plein épanouissement. Retour lent et indéfinissable vers un corps vulnérable, l’automne vient ensuite préparer l’hiver du corps. Un corps progressivement marqué, par la vie, par le temps. Malheureusement décrié, critiqué, caché alors qu’il est si poétique, ce corps vieillissant, avec toutes les aventures, les joies et les peines du corps et du cœur qu’il révèle avec pudeur, l’histoire d’une vie qu’il raconte dans chaque être humain.

Le corps des femmes est d’autant plus riche qu’au sein de chacune de ces saisons il en existe encore d’autres. Ses changements ne sont pas seulement ceux, progressifs, d’un corps qui grandit, mûrit et meurt, mais également des métamorphoses spectaculaires. Corps magnifique de la femme enceinte, qui couve la vie et expose son mystère pour la contemplation de tous par ces rondeurs pleines de promesses. Corps généreux de la femme allaitante, dont les rondeurs plus subtiles couvent une sève si précieuse. Corps qui suffit à rassurer, consoler, nourrir ses enfants les premières années de leur vie. Corps qui ravit les cœurs des hommes qui savent en admirer les mystères. Corps qu’on dit faible, et qui pourtant est assez bien fait pour nous permettre des jouissances lus subtiles et multiples encore que celles des hommes, qui pourtant est assez endurant pour nous permettre de donner la vie et de porter nos enfants – dans nos bras et nos cœurs – jusqu’à ce qu’ils soient autonomes.

On demande aujourd’hui aux femmes de tout faire pour garder, retrouver, aduler leur corps d’adolescente. Mince, lisse et immaculé, tel un jouet neuf dans son emballage, prêt à être consommé. On leur demande de maîtriser ce corps, de le masquer, de le dompter. On oublie que c’est au contraire ces mille changements qui vont le façonner, le marquer, qui donnent son sens et sa beauté propre à ce corps adolescent. Et que cette beauté facile n’est rien en comparaison de la beauté si mystérieuse et complète d’une femme mûre. Quelle joie plus profonde pour un homme que de voir son histoire, leur histoire, inscrite si profondément dans le corps de la femme qu’il a choisie. Rides, vergetures, cellulites… marques d’un corps qui a jouit, qui a aimé, qui a ri, qui s’est donné, qui a partagé, qui a vécu !

Ce sont ces cheveux blancs immaculés que j’admire chez ma mère, ces rides au coin des yeux de mes amies qui me rappellent nos joies partagées, ce ventre plus tout à fait plat que j’apprends à aimer, qui me rappellent tous les jours comme j’aime être une femme.

Anne

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