Diane de Poitiers, femme de coeur

« Soyez toujours en port honorable, en manière froide et assurée, humble regard, basse parole, constante et ferme, toujours en un propos, sans fléchir, modération en toute chose. »

Femme de cœur et d’esprit, Diane de Poitiers a régné d’une main de fer sur la Cour de France durant le règne de deux Rois consécutifs. Faisant de sa beauté légendaire une arme de persuasion, elle appliqua sa devise dans tous les actes de sa vie. En Dame de la Renaissance accomplie, Diane gagna par son esprit le cœur du Sénéchal de Brézé, devenant ainsi l’une des premières dames du Royaume. Son sens aigu de l’honneur conduisit François Ier à écrire derrière l’un de ses portraits : « Belle à voir, honnête à hanter ». C’est ainsi que la plus accomplie des femmes de France obtint la garde des enfants royaux à la mort de leur mère et entra dans le cercle privé de Roi pour ne plus en ressortir.

Les années passant, l’affection du dauphin se transforma en une admiration sans borne, qui le conduisit à la déclarer « belle des belles » lors d’un tournoi, face à la rancunière Anne de Pisseleu qui n’aura dès lors qu’une ambition : anéantir Diane. A l’arrivée de Catherine de Médicis à la Cour, le Roi fit rappeler son amie afin qu’elle éduque la jeune dauphine aux coutumes de France. Celle-ci revient donc de son château  dans lequel elle s’était retirée à la mort de son époux, avec pour couleurs le Noir et le Blanc. Et c’est ainsi que commencera une romance qui durera jusqu’à la mort d’Henry II. Sur la nature de ses relations avec Diane, les contemporains étaient partagés. Pour certains, la liaison était simplement platonique. Pour d’autres, Diane aurait été effectivement la maîtresse du roi, mais avec le temps et l’âge, le roi s’en serait lassé, ce qui expliquerait ses incartades avec Jane Stuart et Nicole de Savigny. Diane serait alors redevenue la confidente et l’amie des débuts. De façon certaine, Diane était la dame d’Henri, dame dans le sens des romans de chevalerie. À la cour de France, c’était la coutume qu’un jeune homme fasse le service à une dame avec l’accord de son mari, en retour, celle-ci devait l’édifier dans ses mœurs, lui apprendre la galanterie et l’obliger à ses devoirs. C’est le rôle attribué à Diane par le roi François Ier lui-même, conformément à la tradition qui veut que ce soit un parent qui choisisse la maîtresse.

Après la mort de François 1er, le 31 mars 1547, Diane prend sa revanche sur la dernière maîtresse du défunt roi, Anne de Pisseleu, duchesse d’Étampes. Le nouveau roi ne craint pas d’afficher sa relation avec elle, portant ses couleurs blanc et noir dans les tournois. Il la fait duchesse de Valentinois et lui offre le château de Chenonceau, sur le Cher. Diane s’entoure d’une cour brillante et protège les artistes de son temps tel le poète Pierre de Ronsard. Elle fait construire à l’ouest de Paris le joli château d’Anet, œuvre de l’architecte Philibert Delorme, décoré par le sculpteur Jean Goujon. L’architecte ajoute aussi un pont à Chenonceau pour permettre à la propriétaire d’aller chasser de l’autre côté du Cher. Diane exerce un rôle politique très important : le Roi se rend toujours chez elle entre le Conseil des ministres le matin et la délibération l’après-midi. Elle est donc en rivalité constante avec Anne de Montmorency, qui essaye de s’attirer les faveurs du Roi en lui faisant rencontrer des galantes, mais elle finira pas s’unir à lui contre l’influence croissante des Guise, autrefois ses protégés.

A la mort d’Henri II, elle se retire en son château d’Anet et y meurt en 1566, à l’âge de 66 ans, empoisonnée par les breuvages à base d’or dont elle usait abondement pour préserver la fleur de sa jeunesse.

Dans son roman La Princesse de Clèves, publié en 1678 sous le règne de Louis XIV, Mme de Lafayette évoque dans sa langue subtile les dernières années du règne d’Henri II et la fin de la Renaissance : «La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second…»

La devise Diane de Poitiers nous incite à être des femmes responsables, courageuses et énergiques et à nous battre pour atteindre nos objectifs. Nous n’avons pas besoin d’être aux postes décisionnels pour exercer une influence certaine sur les décisions des personnes aux pouvoirs. Qui oserait remettre en cause l’action décisive des femmes à toutes les époques ? La figure de la femme cultivée, vertueuse et volontaire inspire, et nous pouvons en être encore aujourd’hui ! Nous pouvons agir au premier plan, la balle est dans notre camp !

Aliénor, Antigone lyonnaise

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