Covid-19, pour une gestion de crise locale et réaliste

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Une tribune d’Antigones parue sur le site internet de Valeurs Actuelles le 19 novembre 2020, à retrouver ici.

Depuis le début de la crise du Covid-19, le gouvernement a multiplié les mesures liberticides et coercitives pour un résultat médiocre en termes de santé, et catastrophique en termes de libertés. Ces choix de gestion de crise nous mènent tout droit vers une tyrannie de grande ampleur. Il existait pourtant à l’époque et il existe toujours d’ailleurs des alternatives concrètes et aux effets politiques potentiellement vertueux. Oserons-nous nous en donner les moyens ?

Les mesures gouvernementales, qui soit-dit en passant deviennent de plus en plus incohérentes et ubuesques à chaque nouvelle messe médiatique, ne nous sauverons ni du Covid, ni de la Peste Noire. Rappelons qu’à l’origine elles avaient été annoncées comme ne visant pas à éviter les contagions mais à les étaler dans le temps pour permettre aux hôpitaux de gérer le flux des malades malgré un manque choquant de personnel, de matériel et de lits. Ces difficultés pratiques n’ont toujours pas obtenu de réponse politique réelle.

Le conseil de défense présidé par Emmanuel Macron, symbole d’un État centralisé déconnecté de la réalité du terrain sur la question du coronavirus. photo © Thibault Camus / POOL / AFP

Sur le plan politique d’ailleurs, c’est pire encore. Nous vivons désormais muselés, sous un régime d’exception qui s’éternise. Le propre des mesures de gestion de crise pour lesquelles nous avons opté, c’est qu’elles sont coercitives, liberticides et totalitaires : elles entérinent la possibilité pour le gouvernement de légiférer de manière autoritaire à la moindre « crise » ; elles bafouent nos libertés publiques les plus fondamentales ; elles invitent les citoyens à la méfiance et la délation. Ces mesures vont de surcroit s’avérer dramatiques à court, moyen et long terme : solitude, faillites, chômage… auront raison des Français plus sûrement encore que le Covid.

La succession des états d’urgence ancre progressivement dans la normalité un mode de gouvernement autoritaire et liberticide. En somme, cela fait presque 10 ans que nous vivons sous des régimes d’exception autorisant une surenchère de mesures liberticides sans qu’aucune des excuses invoquées pour un tel coup d’état n’aient été réellement prise en charge. Les attaques terroristes se multiplient et la crise sanitaire est en passe de donner lieu à un effondrement massif de notre économie réelle.

Il existait pourtant dès le départ et il existe toujours des mesures concrètes et vertueuses qui permettraient des restrictions limitées dans le temps et l’espace et donc moins attentatoires de nos libertés. Il s’agirait de favoriser la gestion la plus locale possible, fondée sur la responsabilité et le savoir-faire réels de chacun.

Dans un tel cadre – celui d’une gestion de crise locale, il serait en effet possible d’adapter les mesures prises à la réalité des contagions et dans un dialogue avec le personnel soignant sur le terrain ; de favoriser – au lieu de le tuer à petit feu – le commerce local avec des chaînes d’approvisionnement courtes au lieu de lui imposer la concurrence déloyale des grands groupes internationaux ; de sauvegarder tous les secteurs d’activité au lieu d’en condamner définitivement certains. Il est également plus facile d’organiser localement des systèmes d’entraide pour les personnes les plus vulnérables qui les protègent sans les isoler totalement du corps social.

Sur le plan politique, il s’agirait d’accorder enfin une réelle autonomie décisionnelle dans tous les domaines aux maires, en coordination avec les conseillers départementaux et régionaux – pas aux préfets qui représentent un Etat de plus en plus déconnecté de la vie réelle des citoyens. Exiger une plus grande autonomie décisionnelle et des prérogatives plus larges aux échelons politiques locaux permettrait une gestion plus réaliste, adaptée aux spécificités de chaque localité et plus respectueuse de nos libertés publiques. Une épidémie n’appelle pas les mêmes mesures dans une zone rurale et dans une métropole !

Ce sont ces élus qui sont les plus directement en contact avec la population et la réalité spécifique de leur localité. Premier relai d’une subsidiarité qui part du bas, ils ont été progressivement dépossédés de leurs prérogatives naturelles en faveur d’un Etat centralisateur et technocrate. Il est temps de renverser la balance et de retourner à des équilibres politiques qui ont fait leurs preuves.

Redonner un pouvoir réel aux échelons politiques locaux permettrait également de mieux anticiper l’avenir. Une telle mesure favoriserait nécessairement les solidarités locales, l’économie réelle basée sur des entreprises à taille humaine et des chaînes d’approvisionnement courtes, et l’implication politique du plus grand nombre. Par conséquent, à long terme, une telle mesure permettrait le retour progressif d’une organisation sociale organique et vivante et d’une organisation politique réellement démocratique. Elle donnerait aux Français les moyens de décider eux-mêmes de la société qu’ils veulent pour eux et pour leurs enfants plutôt que de se voir imposer lois liberticides et crise économique par des élites qui n’ont que faire de leur avenir.

Pour que nous puissions sortir de cette crise avec le moins de dégâts possible, chacun doit pouvoir assumer pleinement là où il est ses responsabilités politiques, économiques et sociales naturelles. Laissons les commerçants commercer, les entrepreneurs entreprendre, la sociabilité se réorganiser en fonction des contraintes du moment, et nos représentants naturels donner un cadre adapté et réaliste à ces activités nécessaires à la vie de notre société. Nous voulons une gestion de crise adaptée à la spécificité de chaque localité, menée par des hommes et des femmes qui connaissent la réalité du terrain et sont réellement au service des populations qui les ont élus. Battons-nous donc, dès à présent pour voir nos élus locaux reconquérir leurs prérogatives naturelles, (re)créons des initiatives locales pour commencer à retrouver nos libertés et notre voix politique.

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