La transmission au féminin

L’institut Iliade nous a conviées le samedi 18 mars à son colloque annuel consacré cette fois-ci à la transmission.

Voici la vidéo de notre intervention et ci-dessous notre texte (un peu plus étoffé que ce que nous avons eu le temps de dire). Des liens renvoient à d’autres textes que nous avons écrits et qui permettent d’approfondir notre propos.

Porter la flamme de notre monde

Transmettre ou disparaître, telle est donc la question. Alors que faire, comme dirait l’autre ? Notre mouvement féminin des Antigones travaille sur ce sujet de la transmission depuis sa création en 2013, car il nous semble bien sûr essentiel et central.

Transmettre n’est pas cloner. Chaque génération modèle et use du passé pour en faire quelque chose qui lui est propre. Ce n’est pas une notion passéiste bien au contraire : la tradition est ce qui ne passe pas, elle est profondément tournée vers l’avenir, elle nous permet un lendemain à notre image, dans ce qui a été vécu et dans ce qui est à venir, un demain qui ne nous sera pas imposé. La crise de la transmission que nous traversons, c’est la source de notre incapacité à penser l’avenir.

Pour en sortir, nous pensons que la dimension féminine est un éclairage intéressant et pertinent. Peut-être parce que nous, les femmes, sommes la moitié de l’humanité. Peut-être parce que notre féminité retrouvée et assumée peut se révéler être une arme redoutable pour rallumer la flamme de la transmission. Et puis, il y a aussi d’autres raisons, que nous allons maintenant aborder !

Je ne vais pas revenir sur l’état de notre société ni sur d’idéals coupables tels que le patriarcat ou une quelconque secte. Les coupables ne sont ni définissables ni par leur sexe, ni par leur génération, mais plutôt par leur inaction, leur cautionnement tacite ou expresse du monde d’aujourd’hui. Cette société de consommation dans laquelle nous baignons est à notre image, à notre mérite. Et le monde de demain sera celui que nous aurons laissé à la génération suivante.

Certes, le monde financier dans lequel nous vivons dissout. L’argent qui régit nos vies dissout. Dans notre société de consommation, de l’obsolescence programmée, le passé n’a plus droit de cité et d’autres veulent écrire l’avenir pour nous. L’on nous voudrait couper de tout, de notre corps, de notre foyer, des autres, de la nature…. C’est à nous, dissidentes et dissidents, d’être le liant, de faire lien, de relier au sens mystique du terme afin de porter la flamme de notre monde et d’écrire l’avenir que nous voulons.

D’abord à notre échelle personnelle, en travaillant sur nous-mêmes, en nous réapproprions nos corps et tout particulièrement nos corps de femmes, en nous réapproprions notre foyer. Mais si nous changer nous-même est nécessaire, cela n’est pas suffisant, nous vivons dans un monde qu’il faut aussi changer, dans une société qu’il est nécessaire de balayer, dont les lignes doivent évoluer. Nous nous devons d’être des militantes et, n’en déplaise à certains, des guerrières. Enfin, il nous faut trouver les lignes directrices qui nous permettront ces révolutions à la fois intérieures et sur notre monde, celles qui nous donnent les objectifs à atteindre, qui nous insufflent cette envie de vivre, de combattre, de prier et de créer. Celles qui nous donnent la force de résister au courant qui voudrait nous emporter vers le néant, alors que nous sommes des créatrices et des muses, peut-être avant tout autre chose !

Reconnectons-nous à nos corps féminins !

Mais commençons par le commencement, par nous-mêmes, par notre corps, le corps féminin. Pourquoi ? Car comme l’intimaient les antiques Grecs « Connais-toi toi-même ». Or les pseudos féministes clament à tue-tête : « Mon corps m’appartient » ! Madame le Ministre de la Santé, Marisol Touraine, en tête de gondole.

Cette formule résume parfaitement l’impasse dans laquelle nous sommes notamment à cause d’intellectuelles comme Simone de Beauvoir. Celle-ci considérait le corps comme une entrave et la maternité comme un « asservissement à l’espèce ». Très facile de vivre cette facette de notre féminité après cela, n’est-ce pas ? Il faut dire qu’elle ne concevait la liberté que comme une autodétermination individuelle dans laquelle le corps serait un obstacle, une limite contre laquelle viendrait buter la liberté. Le corps féminin devient alors dans cette optique une entrave bien plus lourde que le corps masculin puisque soumis aux rythmes de la nature et autres fluctuations hormonales.

Certains courants du féminisme vont plus loin, vous connaissez bien sûr la désormais fameuse « théorie du genre », où le corps, dépourvu de sens, n’est plus qu’une donnée matérielle, distincte d’un genre qui relèverait de la pratique sexuelle ou du ressenti de l’individu. Notons que d’autres courants féministes, comme les Femen, élèvent au contraire le sexe féminin au rang de classe et le considèrent comme l’alpha et l’oméga de leur grille de lecture de la société.

Bref, pour ces féministes, le corps serait donc un objet d’appartenance, considéré comme une chose dont nous serions les propriétaires, « mon corps m’appartient », dont nous pourrions user et abuser, que nous pourrions changer et modifier à notre guise.

Ce corps serait un outil distinct, permettant de séparer l’homme en morceaux – corps et esprit – puis de séparer les morceaux – cœur, ventre, vagin. L’être humain n’est plus une unité, mais un puzzle soumis à la subjectivité. Et, société marchande oblige, il convient d’avoir un usage ou de chercher à en faire quelque chose qui ait de la valeur, qui soit monnayable, en amour, en douceur, en argent, en outil de protestation, de revendication. Il faut dire que ce dualisme est bien pratique : il permet à l’individu de mieux tolérer les contradictions qui l’entourent, sans jamais pour autant les résoudre. Et cette contradiction se ressent sur les débats de société aussi houleux que celui de la gestation pour autrui, de la prostitution ou de l’avortement.

Pour résumer, « on ne veut pas faire l’expérience de la matière et de ses limites », comme le souligne si justement la sexologue Thérèse Hargot-Jacob.

Il serait donc temps de retrouver notre corps, de comprendre et de vivre que nous sommes aussi notre corps. De ne plus segmenter, mais rassembler, de concevoir notre personne de manière globale, holistique. Notre corps n’est pas un sujet, mais une composante essentielle d’un tout : la personne. Le corps féminin est, pour nous, porteur de sens et point d’ancrage de la féminité.

Et ce qui concerne la transmission, cela change tout ! Notre corps a des choses à nous dire, à nous-mêmes et aux générations qui suivent. Un corps nié est coupé de son contact avec l’autre et donc également d’avec la génération suivante. Le corps est un vecteur essentiel dans le dialogue avec autrui et dans la projection dans le futur. Accepter son corps, c’est aussi accepter la mort. C’est considérer sa propre finitude et cela suscite en nous la volonté de transmettre, d’être plus que soi-même.

Retrouver notre corps, pour une femme plus particulièrement, cela implique de connaître et comprendre son cycle, être capable de le considérer sans le voir comme un obstacle. Un corps n’est pas silencieux, il parle, il vit. Enfin, si on le laisse s’exprimer. Ce qui n’est pas le cas de la contraception hormonale qui supprime purement et simplement le cycle menstruel de la femme. Allez hop, plus d’ovulation ! Au passage, d’ailleurs, la libido en prend en coup. On dira après que les femmes ont trop souvent la migraine le soir…

Le corps féminin est aussi un adversaire de choix contre notre système capitaliste qui nous voudrait H24 et 7/7j corvéables à merci. Car il est en effet soumis à ce fameux cycle. En principe, les femmes ne sont toujours disponibles pour les rapports sexuels, elles ne peuvent qu’enfanter sur une période donnée. Une grossesse rend momentanément une femme non opérationnelle pour son travail. Bref, avec un corps de femme on ne fait pas ce qu’on veut quand on veut et l’on ne peut être efficace à temps complet. Certains patrons tentent bien de limiter ces impossibilités en proposant la congélation des ovules. Certaines femmes prennent la pilule faisant ainsi disparaître leur cycle. Mais tant que la prochaine génération ne naîtra pas dans des utérus artificiels, les femmes resteront, dans une certaine mesure, des êtres fondamentalement indisponibles au système.

Nous restons des êtres ancrés dans une réalité qui échappe encore au système planificateur de l’économie. Et en cela, nous sommes porteuses d’un véritable espoir de changement fondamental. Chercher à rompre le temps des femmes pour le faire céder à l’immédiateté du Marché est un objectif continu des logiques économiques. C’est d’ailleurs dans cette optique que doivent être analysées les récentes mesures politiques, telle la loi Égalité femmes/hommes.

Contrairement aux féministes queer, nous pensons donc que nous réapproprier notre corps permet d’écouter ce qu’il a à nous dire, de comprendre comment le vivre ici et maintenant.

La féminité prend place dans un corps où le temps est palpable au rythme des cycles. Les femmes, de par leurs cycles, ont une perception cyclique du temps : ce qui était possible aujourd’hui, ne l’est pas nécessairement demain. Cette notion accrue du temps rend plus propice à la transmission, parce que toutes les choses ont un début et une fin. L’illimité n’est donc pas dans la perception féminine des choses, et ce dès les premières règles.

Nous pensons également que le corps féminin est aussi un lieu de transmission, celui où la vie se conçoit. Le corps est la trace vivante du patrimoine familial, du présent et de l’avenir.

Si la mise au monde de la génération future touche tout le monde, elle est d’abord physiquement ressentie par la mère. Et nous savons que nous ne créons pas du même : nous sommes l’antithèse du clone et permettons au monde de se renouveler sans cesse.

Savez-vous que lorsqu’une petite fille naît, elle naît avec tous ses ovules déjà formés ? Cela signifie qu’au delà de nos mères, nous sommes issus d’ovules qui se sont formés dans les ventres de nos grands-mères. Nous, les femmes, sommes le temps long. Et cela porte la flamme de notre monde.

Réapproprions-nous nos foyers : luttons pour notre autonomie !

Dépassons maintenant le corps et parlons du foyer. Ah ! La femme au foyer ! Quelle figure aura été plus ridiculisée, plus caricaturé ou plus idéalisée que cette femme au foyer ? Vous savez, celle qui vit au crochet de son mari en passant ses journées à pouponner ses huit marmots ?

Franchement, ne pensez-vous pas qu’il serait temps de prendre de la hauteur sur cette question ? De concevoir que nous ne sommes plus ni au XIXeme siècle, ni au XXème siècle, mais en 2017. Et que la notion de foyer se révèle centrale comme pilier de notre lutte pour la transmission, tant pour les hommes que pour les femmes. Même si les femmes ont, de par les âges, une prédominance certaine sur le foyer, qu’elles ne devraient abandonner pour rien au monde.

Alors qu’est-ce que le foyer ? C’est le lieu où se déroulent la plupart de nos actes, de la vie de famille à la vie sociale. La pensée unique actuelle voudrait nous faire croire que nos foyers sont des bulles fermées, que nous devrions déserter pour être enfin libres. Mais le foyer n’est pas un lieu d’exclusion, c’est justement un foyer, un centre ardent à partir duquel on rayonne. C’est notre base vers laquelle nous revenons dès que nous avons terminé nos activités professionnelles notamment.

C’est là que nous avons appris la vie en société, l’interaction avec les autres, à parler, etc. Comment rayonner dans la société, comment peser sur la société sans cette base bien solide? Ce qui se passe dans l’alcôve, au coin du feu ou attablé dans la cuisine nous façonne durablement, nous ancre, offre des repères et un cadre à la transmission.

Étonnons-nous ensuite que notre société liquide souhaite nous sortir de nos foyers, que nous déléguions toujours plus ce qui s’y passe. Acheter des plats cuisinés au lieu de préparer soi-même son repas quotidien. Acheter des cours particuliers au lieu de prendre soi-même le temps d’instruire ses enfants. Acheter des prestations pour personnes âgées au lieu de passer du temps avec nos parents. Acheter une télévision pour s’économiser la salive. Que nous reste t-il de notre vie quotidienne ? Des achats. Et nous travaillons, hommes et femmes, toute la journée pour nous payer ces achats.

Et si nous sortions de cette logique de marchandisation de la vie ? Comme le corps dont nous parlions tout à l’heure, cela suggère un certain apprentissage, une volonté de retrouver gestes et savoir-faire que tant ont perdu. Gageons que de tels efforts nous pousseront à transmettre ce que nous aurons retrouvé.

Concrètement, se réapproprier nos foyers correspond à une lutte pour l’autonomie. Tout ce qui a fait de nous des humains, capables de vivre et de survivre au cours des derniers millénaires s’apprend au foyer, nous a été transmis dans nos foyers et consiste à gagner son autonomie mentale et physique.

Alors apprenons à nous passer de ces écrans qui accaparent nos neurones au travail, dans nos salons, dans nos chambres et qui parasitent nos relations à autrui. Réapprenons à nous parler de vive voix, à lire des livres, à marcher dans les bois, à passer du temps avec ceux que nous aimons.

Retrouvons notre autonomie alimentaire ! Alors que l’Europe pense à interdire les potagers, que l’on peut être condamné pour « légumes clandestins », que les semences (la promesse de la vie !) sont de plus en plus réglementées et que 80 % des aliments ingurgités sont industriels.
Réapprenons à jardiner, à cuisiner des produits bruts, sains et locaux, à élever des poules et des cochons. Plantons des semences libres et donnons en autant que nous pouvons à nos voisins, faisons-les circuler !

Retrouvons notre autonomie de gestes ! Réapprenons à nous servir de nos mains, à tailler, couper, sculpter, donner forme à nos envies.

Réapprenons à nous passer du superflu et à fabriquer le maximum nous-mêmes. Bref, adoptons un mode de vie décroissant, pesons nos actes d’achats et notamment ceux alimentaires, afin qu’ils soient respectueux de la nature et des animaux ! N’achetons pas de produits issus de l’industrie agrochimique, même les habits et les cosmétiques. Préférons les matières naturelles, la récupération, les habits de seconde main.

Si nous achetons, posons-nous la question : cette cuillère ou cette robe, sont-ils d’assez bonne qualité pour que je puisse dans 20 ans les transmettre à mes enfants ?
Ce n’est pas toujours facile, mais il faut se forcer ! Sous peine de n’être qu’un bavard de salon : on ne peut pas prétendre lutter efficacement contre la marchandisation de la vie et ses conséquence comme la gestation pour autrui sans commencer par changer le contenu de son caddie et finalement, par se passer du caddie du supermarché !

Car en évitant tous les produits qui ne viennent pas directement de celui qui les produit, nous supprimons les intermédiaires, nous renouons le contact avec des paysans, des éleveurs, des artisans. Nous créons du lien social.

Il y a aussi un autre domaine que nous devons nous réapproprier et là, je pense particulièrement aux femmes. C’est celui de la médecine. Nos aïeules savaient l’herbe qui guérit, celle qui soulage et celle qui apaise. En se promenant dans les champs, elles les reconnaissaient, les cueillaient et soignaient leur famille et voisins avec. Aujourd’hui, nous entrons dans une pharmacie pour acheter (et oui, toujours acheter) des comprimés aux effets secondaires souvent indésirables.

Nous ne nions pas que le médecin puisse parfois s’avérer utile, mais savoir comment conserver la santé et au besoin comment se soigner était autrefois un puissant pouvoir féminin conférant une autonomie décisive, que nous nous devons de retrouver et de transmettre.

Il en va de même pour la grossesse et l’accouchement qui ne sont pas des maladies. Mais tous les enfants naissant encore du ventre de leur mère, notre société marchande n’a rien trouvé de mieux que de les médicaliser, pour mieux les contrôler et en faire une source de profit particulièrement rentable.

Là encore, réapprenons à parler entre femmes, à retrouver cette synergie entre femmes qui existait lorsqu’on naissait, vivait et mourrait au même endroit. Cette communauté de femmes grâce à laquelle les savoirs qui permettent à la vie quotidienne de s’écouler tranquillement soient transmis.

Aujourd’hui, il ne reste plus guère que le reliquat de la transmission mère-fille, et encore. Antigones est un exemple parmi d’autres, de femmes qui veulent retrouver cette synergie féminine. Certaines adeptes de track et de dentelles dans la salle en sont aussi.

Bref, tous ces gestes de la vie quotidienne ne se résument pas à de simples considérations domestiques. Le système voudrait nous le faire croire et lorsqu’il y arrive, il nous dépossède de ces pouvoirs vitaux tels que se nourrir, se soigner, mettre au monde un enfant, tout cela ne nous appartient plus vraiment. Or ce sont aussi ces gestes qui nous façonnent.

Forger un couteau et regarder danser les flammes. Planter un chou et sentir la terre en ses mains. Pétrir l’argile. Se tailler une épée dans une branche. Se lancer dans les bois pour suivre la trace d’un sanglier au petit matin. Savoir cueillir l’herbe qui soulage tel ou tel mal. Ces gestes ne sont pas anodins. Comparez les une demi-seconde à un gosse vautré dans son canapé et jouant à sa tablette.

Ces apprentissages si multiples que nous nous devons de faire et leur transmission nécessaire au sein de nos foyers ne se limite pas et ne doit pas se limiter au schéma parent-enfant : le foyer rayonne au-delà.

Pourquoi ne pas transmettre cette passion manuelle, cet intérêt pour la beauté, ce souci de la nature ou cette exigence de la vie à votre voisin, à votre collègue de boulot, à votre mère ? En somme, vivre en cohérence, comme on l’entend pour soi, pour les autres, les amis, les familles, ceux qui fréquentent nos maisons. Prouver par l’exemple qu’une nourriture saine à la cuisine, un salon sans télé mais avec cheminée, c’est possible. Et cela porte la flamme de notre monde.

Luttons contre le capitalisme de séduction et l’archétype de la jeune fille !

Changer notre mode de vie nous permet donc de cesser d’être dans la rupture permanente, de redonner la possibilité à la transmission de s’effectuer. Mais au-delà de nos actes quotidiens, nous devons remettre au cause et combattre les fondements de cette société qui nie la transmission.

Là encore, nous, les femmes, nous nous devons d’être en première ligne dans ce combat. Car cette société libéral-libertaire s’est servie de nous pour s’établir. Nous sommes utilisées pour faire vendre autant que pour consommer. C’est cette double instrumentalisation qui fait de la féminité le carburant du « turbocapitalisme », selon l’expression de Michel Clouscard. Un capitalisme qui s’éloigne toujours plus du réel, rendant impossible tout acte de transmission.

Les théoriciens distinguent deux générations de capitalisme. Le premier, de type paternaliste, était tourné vers la production et marqué par les valeurs bourgeoises : l’épargne, le goût du travail, etc. Alors que celui dit de deuxième génération s’est tourné vers la consommation en mobilisant un panel de notions plus féminines : l’influence, la séduction, la notion de cycle utilisée à un rythme accéléré par les faiseurs de modes, ainsi que les caractéristiques propres à la jeunesse, portées à la transgression, voire à la subversion.

Alors que le terme de capitalisme évoque une logique de propriété, d’amassement de capital, de possession, le terme de séduction renvoie à une forme d’attrait sexualisé. L’association des deux termes aboutit à une forme de démocratie libérale-libertaire, tendant vers l’anéantissement de toutes frontières au nom des passions et du désir de posséder. La consommation, dans tous les sens du terme, devient l’ultime liberté, et même l’ultime droit de l’homme.

Tout est et doit être ludique, conforme et trouvable en magasin ! Même et surtout le sexe qui s’envisage comme un jeu dans lequel on peut jouer et rejouer égoïstement et sans conséquence. Les femmes ont longtemps étaient un frein, car soumises à notre cycle, nous avions neuf mois plus tard le résultat du strike gagnant. Mais la pilule a fini par régler ce problème, au profit du jeu.

Cette pilule, dont nous parlions tout à l’heure comme un instrument nous coupant de nos corps, est toujours présentée par les féministes comme une conquête, elles y voient l’instrument d’une sexualité enfin libérée. Alors qu’elle permet en réalité une sexualité consumériste, loin de toute intimité qui était sa base. Si au XIXe siècle, la femme n’est pas possédante au même titre que son mari, la question de la sexualité a permis de faire de la femme la première consommation et la première consommatrice. La notion de « séduction » fonctionne comme le point de jonction entre la femme et le capitalisme, rendant celui-ci tout puissant jusque dans nos lits.

Messieurs, vous n’êtes pas épargnés par ce capitalisme de séduction, vous y êtes soumis autant que nous. Vous connaissez peut-être la théorie de la jeune fille de la Tiqqun. Quel modèle, quel emblème et quel symbole pouvait choisir notre capitalisme de séduction ? Voyons, quelque chose d’attirant, de traditionnellement beau, qui puisse avoir à la fois l’attrait de l’objet de consommation et l’appétit nécessaire à la consommation. La « jeune fille » ! Quel archétype ! Jolie, légère, frivole, consommatrice, irresponsable, sexuellement attirante sans avoir l’âge d’être mère, c’est la consécration de la jouissance stérile de la consommation-répétition. Chacun devra s’y identifier en adoptant un comportement frivole, égoïste, entre le consommé et le consommable.

Ce poids de la jeune fille est d’autant plus pesant sur les femmes d’un certain âge. Car l’image féminine, outil et argument de vente, ne se décline pas : la minceur irréaliste et la beauté presque enfantine sont de mise…

Le projet libéral-libertaire décrit par Clouscard apparaît ainsi, dans ses pratiques comme dans sa symbolique, comme l’ennemi ultime de toute féminité accomplie. La femme mûre, libre, féconde, capable de s’asseoir en face et aux côtés de l’homme n’a pas sa place.

Mais comme nous le disions tout à l’heure, si nous retrouvons le chemin pour écouter nos corps féminins dans leur complexité et si nous décidons de ne plus subir cette société capitaliste, nous attaquerons le système libéral-libertaire à sa source. Le capitalisme de séduction a utilisé la femme comme son petit soldat pour s’insinuer dans nos vies. À nous, les femmes, d’inverser la vapeur : qu’adviendrait-il d’un capitalisme de séduction qui ne séduirait plus ?

Nous devons travailler à l’équilibre du monde. L’économie est trop présente et nous étouffe ? Soit, réintroduisons du politique, du spirituel, le sens du combat dans nos foyers, dans nos villes, nos villages. Mais ne réduisons pas ce que l’on appelle la troisième fonction indo-européenne, aux marchands. Cette troisième fonction, c’est aussi celle de la fertilité, des travaux manuels et de la terre. C’est celle de la transmission dans son sens premier du terme, dans son sens physique. Redonner ses lettres de noblesse aux laborateres, aux paysans, à ceux qui créent, aux femmes qui enfantent est absolument vital.

Les femmes, du fait de notre position de première consommatrice que le système nous assigne mais plus fondamentalement, par notre fécondité, notre force créatrice, sommes un poids non négligeable dans la balance. Non seulement en remettant l’économie à sa place, et notamment avec tous les choix de consommation dont nous parlions tout à l’heure, mais également en refusant cet archétype de la jeune fille. En remettant à l’honneur les autres facettes de notre féminité, celles qui sont porteuses de transmission : la muse, la guerrière, la prêtresse, la paysanne, la mère, la guérisseuse. Et cela porte la flamme de notre monde.

Refusons de rester des ignorants : réapprenons à apprendre pour devenir dissidents !

Mais comment parler de la lutte pour la transmission sans parler de l’éducation ?
L’éducation renvoie au socle de connaissances théoriques et pratiques qui doit être transmis à un individu pour sa construction personnelle et son insertion dans la société. Mais c’est également un conditionnement social, un système éducatif aux organes institués.

Or le philosophe Jean-Claude Michéa, nous explique dans son ouvrage L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, que, en résumé, notre système nous enseigne l’ignorance. Ignorants, nous restons consommateurs et surtout, cela nous empêche de devenir dissidents !

Car on ne peut devenir dissident que si l’on est capable d’appréhender le système, de le comprendre, de l’étudier, de trouver ses failles pour finalement les combattre. Or l’école de notre chère République française ne permet pas cela et c’est même sa raison d’être !

Et cela n’est pas une exagération, toute société cherche à former des cadres qui intériorisent les normes qu’elle estime justes et qui perpétueront sa structure en obéissant à ses propres lois idéologiques.

Alors comment s’y prend notre école républicaine laïque française au service du capitalisme ? Sa spécificité réside, par rapport aux modèles éducatifs antérieurs, dans sa capacité à poser des oppositions insurmontables, empêchant ainsi toute dialectique.

Selon Yves Morel, auteur de La fatale perversion du système scolaire, la Révolution française a entériné une stérile conception opposant « radicalement et de manière obsessionnelle, le passé à l’avenir, la tradition au progrès, la religion à la science, elle a substituée au discernement fécond des lignes directrices et des éléments permanents de l’évolution, la représentation stérile du bien et du mal. » Elle croit que les camps opposés sont des monolithes, que les « institutions sont et doivent être immobiles et en conséquence elle est figée et étayée sur des idéaux et principes, eux aussi monolithiques ».

Cette incapacité à envisager la contradiction est aujourd’hui très visible dans la manière que nous avons de concevoir ce qui nous entoure. Les choses, les événements, les systèmes s’opposent nécessairement, tout est « tout blanc ou tout noir ».

Or penser un système, un ensemble organique de savoirs, demande de tenir ensemble les contraires, de créer un réseau de liens entre les données connues. Lorsqu’il n’est pas assimilé dans un tout organique, le savoir est diffus, sinon confus. Le caractère protéiforme et désorganisé du savoir ne permet pas une plus grande souplesse, une liberté d’apprentissage ou une plus grande ouverture d’esprit. Au contraire, ce vagabondage intellectuel a pour conséquence une simplification extrême du mode de pensée. Or, seul un mode de pensée organique et autonome permet d’envisager des formes de société autres que celle proposées par nos éducateurs étatistes.

Selon Michéa, ce savoir disparate et monolithique empêche donc toute forme de contestation du modèle reçu, parce qu’il rend l’élève incapable d’une critique constructive. La disparition de ces capacités met en danger la pérennité de notre civilisation : elle a pour conséquence la répétition stérile d’un même modèle, précisément le contraire de la véritable transmission.

Pour faire tomber ce système, travaillons donc à l’émergence ou à l’encouragement de structures qui permettent la transmission. Je pense notamment aux systèmes éducatifs différents, ceux qui se basent sur des pédagogies alternatives à celle de l’éducation nationale. Les écoles libres par exemple. Cela passe aussi par une véritable revalorisation du rôle social des parents, des enseignants et de tous ceux qui travaillent à transmettre des savoirs et des savoir-faire.

Une autre clé pour la transmission par l’éducation, c’est le scoutisme, école de la vie par excellence où les enfants apprennent différemment d’avec leurs parents ou de l’école, et notamment le don, l’honneur, la solidarité, bref tous ces actes gratuits, non marchands, non motivés par l’intérêt, mais qui appellent à dépasser l’individu. Exactement le contraire de notre société qui place l’individu comme but et la communauté comme contrainte.

Ancrons-nous dans nos villages, nos villes, nos régions, notre pays et notre continent. Parlons nos langues régionales, le latin et le grec, chérissons le français. Et transmettons cela à nos enfants. En bref, donnons-leur d’autres repères que ceux du système capitaliste et apprenons-leur à le connaître : ils trouveront les armes pour le combattre. Et cela portera la flamme de notre monde.

Pour retrouver le sens de la transmission, réhabilitons l’intelligence du cœur ! 

Continuons notre cheminement pour la transmission et posons-nous quelques questions d’ordre plus philosophiques.

Retrouver notre corps, travailler à la transmission par l’exemple, par notre foyer, remettre l’économie à sa place, retrouver des structures pour transmettre librement… tout cela est fort bien et nécessaire. Mais que transmettre ?

Nous ne savons plus vraiment quoi transmettre et pourquoi le transmettre…

Car transmission et tradition sont intimement liées. La tradition renvoie au passé, à l’histoire, au lien intergénérationnel. Le contact avec le passé est permis par les parents, les aïeux, les ancêtres. Mais la tradition suppose une valeur particulière du contenu transmis : ce qui se transmet d’une génération à l’autre, c’est ce qui est destiné à fonder la vie des générations futures, ce qui a suffisamment d’importance pour ne pas être oublié.

La tradition, pour reprendre une expression d’Hannah Arendt, est le cadre mémoriel qui fixe la mémoire des générations selon une certaine hiérarchie, permettant à l’homme de se repérer dans la masse brute des données du passé.

Ainsi écrit la philosophe : «  Sans tradition – qui choisit et qui nomme, qui transmet et conserve, qui indique où les trésors se trouvent et quelle est leur valeur – il semble qu’aucune continuité dans le temps ne soit assurée et qu’il n’y ait, par conséquent, humainement parlant, ni passé ni futur, mais seulement le devenir éternel du monde et en lui le cycle éternel des êtres vivants. »

Or notre monde actuel a vécu, toujours selon Hannah Arendt, une rupture de la tradition causée par la disparition de l’autorité. Elle entend ce concept d’autorité comme lié à la notion centrale de fondation. L’autorité est légitimée parce qu’elle prolonge l’acte de fondation, situé dans le passé, qui sert de norme et de référence pour toutes les générations futures.

Par exemple, pour les Romains, leur acte de fondation, c’est lorsque Romulus trace le cercle de la cité. Et s’il tue son frère, c’est parce que Rémus n’a pas respecté ce pacte primordial.

Or quel est le fondement de l’autorité de notre société actuelle ? Nous ne le savons pas. Et cela provoque la « crise de notre attitude envers tout ce qui touche au passé », envers tout ce qui fonde notre manière d’être hommes et femmes dans le monde d’aujourd’hui.

Il n’y a donc plus de fondement transcendant dans lequel s’ancrerait une tradition. Or sans cette référence, la pensée devient autoréférentielle, autonormée, comment peut-elle encore prétendre être vraie alors que c’est elle qui s’assigne ses propres critères ?

La différence qui sépare cette structure autoréférentielle de l’idéologie moderne, de celle des traditions qui se réfèrent toujours à une forme d’absolu, situé au-dehors du jeu social, est donc radicale. Cette transcendance, que ce soit Dieu, les Dieux ou la Nature avec un grand N n’existe plus, socialement parlant du moins.

Nous sommes ainsi confrontés à la nécessité de repenser les questions essentielles et d’y apporter des réponses nouvelles et directes sans passer par le prisme de la tradition.

Mais au lieu de nous apitoyer sur un Eden perdu, prenons cette situation à bras le corps pour renouveler notre contact avec le passé afin d’y percevoir des dimensions nouvelles.

Mais pour cela, nous devons changer les paradigmes même de notre vision du monde. Car notre pensée occidentale analyse et décompose, comme si l’on pouvait rendre compte d’une réalité en expliquant chacun des éléments dont elle était constituée. Cette approche excessivement analytique ruine toute appréhension holiste de l’homme et de la nature comme complexes relationnels, caractérisés par l’interdépendance. Elle interdit aussi de percevoir le sens global d’une réalité et la dimension qui transcende en elle la matière. Expliquer l’animal en disséquant ses organes, la spiritualité de l’homme en analysant les réactions de ses neurones, le monde et la nature en examinant la composition des sols et la structure ADN des végétaux, c’est prétendre donner le sens de la cathédrale en expliquant de quel matériau en sont les pierres, abstraction faite de son principe d’unité.

En fait, nous devons regarder le monde avec un regard et un cœur neuf. Au lieu de segmenter nos problèmes : les hommes, les méchants patrons, la pollution, etc., tentons une vision globale, holistique de notre monde qui mette fin à cette fâcheuse habitude du cloisonnement dualiste dont nous parlions tout à l’heure au sujet du corps et de l’esprit mais qui se retrouve dans tous les domaines !

Et notamment sur la question du sacré et du profane, chère à l’anthropologue Mircea Eliade, car essentielle à la transmission dans toutes les sociétés traditionnelles ! Or avec ce dualisme, notre monde physique serait incompatible avec le spirituel. La nature ne serait que de la matière, que ne pénètre pas l’esprit, ni les esprits. Or l’ensemble des traditions spirituelles antérieures à notre société athée actuelle se caractérisait par une profonde interpénétration des différentes dimensions du réel et par une dimension sacrée qui transperce l’ensemble de la réalité.

Coupé de sa relation au divin et de son ancrage dans le cosmos, l’être humain se trouve mutilé de ses dimensions les plus profondes.
L’homme est privé de cieux. Adieu le corps, l’âme et l’esprit, il n’y a plus que le corps matériel et l’âme rationnelle, amputant ce qui nous permet le lien avec le sacré et le divin.

Notre époque a consacré l’intelligence rationnelle, et occulté l’intelligence du cœur, siège de l’unité de l’être, lieu de la relation profonde à la réalité, de la communion avec la dimension intérieure des êtres, que ce soit des autres humains, de la nature ou du divin. On occulte la conscience profonde de l’unité ontologique du réel.

Le lien de la transmission est ainsi rompu, aussi bien au plan vertical : transmission intergénérationnelle et ancrage dans le sacré, qu’au plan horizontal, le lien social. L’homme ne se reçoit plus, il se fait, il est le produit de sa volonté propre à laquelle il ne voit aucune limite. On retrouve cela dans le culte de la croissance en économie ou dans le transhumanisme.

Pour retrouver le sens de la transmission, savoir quoi transmettre et pourquoi, il y a donc un important cheminement personnel à faire, puisqu’il s’agit de dépasser la stricte intelligence rationnelle et d’ouvrir son esprit pour penser notre monde et ses différentes dimensions d’une manière holistique.

Pour cela, nous devons redonner à la Nature l’importance et la place qu’elle mérite, l’inscrire de nouveau dans ses dimensions sacrées.

Nous devons également prendre conscience de l’altérité et de la mort, les premières bases pour construire une société authentique. Il s’agit d’oser nous poser ces questions existentielles et de les susciter dans notre entourage. Cela peut passer par l’introduction ou le renforcement des rituels des âges de la vie : naissance, baptême, sortie de l’enfance pour l’adolescence puis entrée dans l’âge adulte, mariage, anniversaires et décès. De redonner du sens à nos fêtes afin qu’elles soient de nouveau porteuses de la Tradition : Noël, Pâques, solstices, etc. Mais aussi localement en redonnant du souffle aux fêtes de village souvent liées au Saint patron local ou à des dates agricoles. Ces moments permettent de se retrouver et de partager des moments que le temps se chargera ou pas de désigner comme importants et pourquoi pas fondateurs pour la vie locale.

Il s’agit de connaître notre passé et d’y puiser des images, des archétypes, des portraits qui nous inspirent et nous inscrivent dans une longue continuité. À la fois dans la grande histoire et dans celles de nos familles.

Bref, créons du lien ! Si nous devions résumer cela par un image, prenons celle de l’agriculture. Au lieu de cette agriculture conventionnelle qui s’escrime à planter chaque année des graines stériles d’une même céréale sur des dizaines d’hectares ou à séparer ses rangs d’oignons et de carottes et les arrose de mortels engrais pour les faire pousser, préférons la permaculture, qui vise à l’élaboration d’un écosystème pérenne, capable de se régénérer presque seul, saison après saison.

En guise de conclusion…

Retrouvons cette conscience de l’unité qui nous permet de nous situer dans le cosmos, d’y trouver notre place, de jouer notre rôle et de porter la flamme de notre monde.

Portons donc un regard neuf sur le monde et gardons les yeux ouverts, battons nous sur la place publique afin que nos réflexions et engagements quotidiens y retentissent et, surtout, ne restent pas lettre morte !

N’ayons pas peur : nous investir dans la vie politique ne nous oblige pas à nous soumettre à la loi de la cité. Antigone, dont notre mouvement a pris le nom, nous le prouve. Bravant les interdits de son oncle Créon qui règne sur Thèbes, elle décide de donner une sépulture à son frère, afin d’obéir à la loi des Dieux. Alors nous aussi, bravons les interdits du politiquement correct et engageons-nous ! Dans les associations, les écoles, les mairies, les collectifs, pourquoi pas dans les partis politiques ? Les lobbys, les groupes de pression ne doivent pas être abandonnés aux mains de nos ennemis.

Si nous voulons avoir quelque chose à transmettre aux générations suivantes, il est temps de s’emparer du pouvoir, concrètement. Tel que l’on fait nos mères non biologiques mais politiques : l’écrivain Hannah Arendt, la philosophe Simone Weil, l’abbesse Hildegarde de Bingen, l’héroïne Antigone, l’aventurière Alexandra David-Neil, la reine Aliénor d’Aquitaine, la révolutionnaire Charlotte Corday et nous pourrions en citer tant d’autres !

Tout ce que nous venons de brosser à gros traits n’est pas un programme du type élection présidentielle. À titre personnel, c’est le chemin d’une vie. À titre communautaire, c’est le chemin de notre génération. Au titre de la société, c’est une question de survie.

Nous devons emprunter collectivement ce chemin afin de porter et de transmettre la flamme de notre monde.

Or une flamme ne se transmet pas avec un masque. Nous la ferrons éclore en nous, nous la porterons en nous et ne pouvons donc être que vrais et sincères pour la transmettre. Et pour transmettre une flamme, nous devons rayonner. Cela ne se fait pas sur les réseaux sociaux ou dans une soirée en discothèque. Chacun doit rayonner à sa manière, chaque jour, au quotidien, dans nos combats, dans nos actes, dans notre discours. Dans nos actes cohérents dans notre discours.

Pensons, soyons et imposons le liant, le lien, la symbiose afin que la transmission, de nouveau, soit évidente.

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