Les banques vous font chanter ? Dansez avec les Antigones !

Danser devant une banque ? Quelle drôle d’idée ! Et pourtant…

Gyptis, l’antenne marseillaise des Antigones, a dansé samedi devant la Banque de France, place Estrangin.

Nous avons dansé un cercle circassien, un classique des bals folks. Très simple, cette ronde permet aux danseurs de faire connaissance entre eux, de partager un moment joyeux, de pure convivialité, sans calcul ni arrière-pensée : des séquences se répètent, au cours desquelles on change de partenaires, jeunes, vieux, bons ou moins bons danseurs, pour le seul plaisir de danser.

Partenaires ? On danse en couple, bien sûr. Un homme et une femme forment un tout harmonieux, complémentaire. Où nos détracteurs voient-ils une quelconque soumission ? L’un est nécessaire à l’autre et vice-versa. Comme le Yin et le Yang.

Mais si le couple est à la base de ces danses, il évolue au sein d’un groupe. Danser, c’est aussi souder : on saute ensemble, on avance ensemble, on recule ensemble, on tourne ensemble en écoutant ou en fredonnant la même musique.

Aujourd’hui, chacun écoute la musique de son téléphone ou de son iPod, coupé du monde, coupé des autres. Et si nous réapprenions à chanter et à danser ensemble ? Le lien social, l’harmonie, passent par ces deux activités indispensables au « vivre-ensemble » dont on nous rebat les oreilles toute la journée, en même temps qu’on détruit ce qui le rendrait possible.

Danser devant une banque, c’est opposer des liens humains aux liens marchands. C’est opposer notre joie de vivre à la faillite de notre société où nous conduisent tout droit les banques.

Antigones- banques

Savez-vous, Français, Françaises, que depuis 1973 notre pays n’emprunte plus à sa propre banque centrale pour financer l’école de nos enfants, nos hôpitaux, nos routes, payer nos soldats, construire les quelques grands projets que nos dirigeants envisagent encore ? Non, notre pays emprunte à des banques privées. Évidemment pas à taux zéro, mais variant entre 3,5 et 7%… Ces intérêts colossaux représentent une grande partie de la dette de notre pays.

Savez-vous que lorsque vous payez 100 euros d’impôt, 16 vont au remboursement de l’intérêt de la dette (et non de la dette elle-même !) quand 4 euros seulement sont consacrés aux infrastructures (qui servent par ailleurs de paravent à la justification de l’impôt) ? 

Savez-vous que l’enfant qui vient au monde en France doit déjà 19 800€ aux banques ?

Cette chape de plomb emprisonne notre avenir.WP_000518

Savez-vous que, comme le relevait Fakir, « les Caisses d’épargne, « établissements à but non lucratif », finançaient autrefois le logement social pour tous les Français ? Pleinement privatisé, l’Écureuil s’est lancé la course aux profits, a fondé Natixis, spéculé sur les subprimes – jusqu’à accumuler plus de 5 milliards de dettes. » Un trou que les contribuables ont gentiment comblé, au nom d’une devise fort peu républicaine : « Privatisation des bénéfices et collectivisation des pertes ».

Voilà à quoi sert désormais l’argent sur nos comptes, en attendant qu’il soit « chyprisé », c’est à dire ponctionné, taxé, volé, réquisitionné pour le remboursement de la dette, autrement dit des banques. Un transfert d’argent qui est d’ailleurs en cours, la taxation sur l’épargne à 15,5% ayant été décidée par le gouvernement.

Nous sommes exclus depuis trop longtemps de cette danse mondiale. Il est temps de reprendre notre place dans le bal, d’imposer notre rythme et nos pas au système financier.

Il faut abroger la loi de 1973, et, face à ces «monstres froids» que sont devenus les banques, imaginer des banques alternatives. Des structures éthiques, mutualistes, qui permettraient à des groupes partageant les mêmes intérêts (culturels, sportifs, projets de vie… etc.) de se rassembler.

Avec l’argent mis en commun, pas de profits enrichissant les apparatchiks du système, mais financer des projets que chacun approuve. Aux liens contractuels que l’on nous impose, nous pourrions opposer des liens solidaires, rendus possibles par des projets communs.

Quoi qu’il en soit, les banques ne doivent plus gouverner nos vies, imposer leur logique de profit à notre pays, pressurer les Français qui veulent mener à bien des projets. Il faut remettre la banque au service du peuple et non l’inverse.

Les banques vous font chanter ? Venez plutôt danser avec les Antigones !

stick ok banques antigones

17 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Tom

    Génial votre texte ! Au début je n’ai pas trop compris le lien entre vos précédents engagements et la danse devant une banque, mais là tout est clair ! La loi du 3 janvier 1973 semble être la clé de voûte du modèle. Non au néo-libéralismes en tout Genres !

  2. 6
    Ribus

    Excellente initiative et toujours avec charme et élégance qui est votre marque de fabrique. Persévérez. Quand lorsque l’on fait les choses avec authenticité et beauté, cela peut être d’une efficacité redoutable et en plus on aime vous regarder.

  3. 7
    J2B

    Vous réussissez par cette action à allier le fond et la forme. L’argent au service de l’Homme et non pas l’inverse.
    Quant à la danse, très belle symbolique de la complémentarité Homme – Femme !

  4. 8
    Grégoire

    Guillaume a raison. De toute façon, cette loi de 1973 a été abrogée il y a vingt ans… Amies Antigones, vous perdez de votre superbe en reprenant les diatribes les plus primaires formulées à l’encontre de la finance mondiale ! Vous entendre sur le classement des entreprises suivant leur degré de parité, le port du voile à l’université ou le « genre » dans la stratégie de développement du Quai d’Orsay (pour prendre quelques exemples d’actualité) serait, à mon sens, plus intéressant, étant donné que, sur de tels sujets, vous auriez peut-être un message original à formuler.

  5. 11
    Côme

    « Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. »

    Henry Ford

  6. 13
    Louis

    A propos de banques et de citations, je vous invite à lire celle ci : « La vérité concernant la presse, c’est qu’elle n’est pas telle que son nom la désigne. Elle n’est pas « la presse populaire ». Elle n’est pas la presse publique. Elle n’est pas davantage un organe de l’opinion publique. Elle est une conspiration ourdie par un petit nombre de millionnaires qui se sont entendus sur ce que cette grande nation (à laquelle nous appartenons) doit savoir sur elle-même, ses amis, ses ennemis. La boucle n’est pas tout-à-fait complète pour être exact (il existe encore quelques journaux honnêtes défendant courageusement d’anciennes valeurs), mais elle l’est suffisamment pour qu’on puisse considérer ce système de propagation des nouvelles comme un monopole de fait. Si bien que le lecteur de journal reçoit toutes ses informations et ses mots d’ordre politiques de ce qui à l’heure qu’il est constitue plus ou moins consciemment une sorte de société secrète, composée d’un très petit nombre de membres disposant de beaucoup d’argent. » Chesterton

  7. 15
    Ardwenn

    Géniale, votre initiative…
    On pourrait nommer cela:  » faire d’une pierre deux coups…
    Occasion de rappeler que, même en Bretagne, l’alternance femme-homme n’est plus guère respectée dans les nombreuses danses en chaîne ( andro, gavotee, etc…)…
    Et que ça casse radicalement le côté magique de la danse.

  8. 16
    monique bouchard

    bonjour
    je cherchais une musique pour une action d’attac régionale
    qui aura lieu à Chambéry ce samedi 8 mars 2014 de 10H à12H sur la place des éléphants, et je suis tombée sur votre site.
    cette action contre les  » requins » s’inscrit ds une campagne nationale d’attac qui débute en mars .On cible pour commencer 2 banques et Unilever(combat des fralib).aller voir sur le site d’ATTAC france.
    merci pour votre travail pour le contenu et pour l’aspect festif.
    monique attac69

  9. 17
    Janix

    Savez-vous que si sur 100€ d’impôts, 16€ servent au remboursement des intérêts de la dette; des sommes colossales sont données à des associations, soit utiles, soit aussi minable que la vôtre et ce sans aucune transparence envers les citoyens!

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