Amendements Bergé, le piège des lois circonstancielles

Pour soutenir notre travail abonnez-vous à notre page Facebook et notre chaîne YouTube, commentez et partagez notre émissions et nos articles, faites-nous connaître autour de vous, et pour ceux qui le peuvent, n’hésitez pas à nous faire un don.

Une tribune d’Antigones, parue sur le site internet de Valeurs Actuelles le 25 janvier 2021.

 

Le projet de loi « confortant les principes de la République » qui sera voté à partir du 1er février continue de faire la une des médias. Cette fois, c’est le refus des amendements proposés par Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreaux visant à interdire le voile pour les fillettes qui fait jeter des hauts cris à la droite. A l’examen, la proposition en question était pourtant bancale et liberticide. Retour sur une confusion d’ampleur par le mouvement féminin Antigones.

Notons d’abord que malgré le surnom d’ « amendements sur le voile des fillettes » donné à la presse aux textes dont nous discutons, à aucun moment ce fameux voile n’y était mentionné. Il s’agissait en fait d’« interdire le port de tout signe religieux ostensible par les mineurs dans l’espace public » et d’« interdire le port de tout habit ou vêtement qui signifierait pour les mineurs l’infériorisation de la femme sur l’homme ». Au-revoir médailles de baptême, croix de communion ou de confirmation… Les catholiques eux aussi auraient eu beaucoup à perdre à l’adoption de ces amendements puisque ne pouvant viser expressément telle ou telle pratique religieuse, Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreaux avaient usé de formulations génériques englobant toute forme de religion quelle qu’elle soit.

Ces formulations étaient en effet une porte ouverte à l’interprétation subjective du lecteur en fonction de l’air du temps et de ses idéaux personnels. A partir de là, nous étions en droit de tout imaginer. L’esprit du temps est celui d’une laïcité agressive visant à restreindre la liberté religieuse à un fait strictement privé. Il est aussi celui d’une police des mœurs et de la pensée par des groupes minoritaires qui ont l’oreille de nos gouvernants. A ce titre, demain, le maquillage, même discret, d’une adolescente ne pourrait –il pas être considéré par certains comme un signe de « l’infériorisation de la femme sur l’homme » ? Il y a bien des féministes pour considérer que la jupe, qu’elle soit courte ou longue, est un instrument d’oppression patriarcal. Qui, d’ailleurs, aurait-on érigé en arbitre des élégances ? Les mêmes professeurs militants qui enseignent à nos enfants le mépris de leur propre civilisation ? Les mêmes directeurs d’établissements qui organisent des journées « changement de genre » ?

Nous nous réjouissons du refus de ces amendements parce que comme la loi sur le voile avant eux, comme les lois visant à restreindre la liberté éducative, comme les lois sur la surveillance de masse, c’est d’abord et avant tout la masse des Français qui se seraient avec l’adoption de tels textes vus privés d’une de leur liberté fondamentale, la liberté de conscience et de religion.

De fait, la prolifération en France d’un Islam radical, qui prône l’infériorité des femmes, condamne la culture occidentale et déclare ouvertement la guerre à notre pays et ses habitants est absolument inacceptable et appelle à une réponse urgente. Malheureusement, la stratégie politique actuellement mise en œuvre pour le combattre est non seulement inopérante mais dangereuse. La multiplication des lois liberticides sous couvert de lutte contre le terrorisme nuit aux droits et libertés politiques de l’ensemble de la population tout en étant sans effet sur ce le mal qu’elles prétendent combattre. Il est temps d’abandonner définitivement ces politiques pusillanimes et liberticides. Nous disposons déjà d’un arsenal législatif suffisant pour punir les familles dont les choix vont à l’encontre du bien supérieur de l’enfant et peuvent être assimilés à une forme de maltraitance. Le voile pour les petites filles en est un bon exemple.

Le problème que pose la présence massive sur notre territoire de populations exogènes à la culture si étrangère à la nôtre ne peut être l’occasion de promulguer des lois circonstancielles. Les mesures qui s’imposent doivent être radicales, et vertueuses. Le refus de l’immigration de masse doit s’accompagner du choix assumé d’une préférence culturelle pour notre héritage spirituel et civilisationnel français et européen.

Le corps social tient son unité de ce qu’il partage, de ce qu’il a en commun. Ce commun ne saurait être construit artificiellement à grand renfort de lois idéologues. A ce titre, les « valeurs républicaines » que cherche à conforter le projet de loi en passe d’être voté sont inopérantes. Outre le fait qu’elles aient été ferment de discorde et de guerre civile dès leur apparition, leur dimension idéologue et désincarnée ne peut suffire à satisfaire le besoin de repères identitaires et charnels des Français. C’est notre héritage celte, romain, germanique, hellène que nous avons en commun. Ce sont nos paysages, villes et nos cathédrales, notre langue, nos chants et nos romans ; c’est la défense des lois naturelles. C’est un ensemble d’us et coutumes, de traditions et d’habitudes incarnés et vécus que nous devons défendre et transmettre.

1 Commentaire

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Никита

    Les relations entre l’approche philosophique et le point de vue legislatif sur le burn-out sont complexes en raison de ses caracteristiques. Trouble qui affecte d’abord l’individu, il n’est cependant pas explicable par les seuls motifs personnels. Trop souvent, on a oppose aux personnes qui passent par cette epreuve un deni culpabilisateur, interpretant l’epuisement professionnel comme une fatigue passagere et sous-entendant que le travailleur n’avait qu’a mieux se proteger. Mais le burn-out est aussi une pathologie de civilisation, ce qui rend caducs ce deni et cette culpabilite. Il entretient un lien substantiel avec les regimes parfois effrenes de notre civilisation technocapitaliste qui cherche, partout ou c’est possible, a accroitre le rendement, la concurrence et l’automatisation. Cette montee en puissance peut se reveler lourde de consequences pour certaines personnes. L’acceleration du temps, la sollicitation permanente par les technologies, l’injonction d’adaptation, l’utilitarisme applique a l’humain, la course mondiale aux profits et la crise financiere qui s’ensuit constituent un cadre propice au developpement de cette pathologie de l’exces, qui est aussi une crise de sens. Il n’est pas fortuit que l’on parle d’epuisement professionnel a l’heure ou l’on epuise egalement la biodiversite, et ou la nature, souvent, est soumise a une exploitation effrenee et absurde. Mais si, philosophiquement, il est possible de reconduire le burn-out aux aspects les moins reluisants d’une civilisation en mal d’equilibre et par ailleurs fabuleuse, quel role donner a la loi?? Si le probleme est systemique, ne peut-on argumenter qu’aucune loi, dont l’application est toujours circonstancielle, ne pourra jamais l’enrayer?? Parler de «?pathologie de civilisation?» reviendrait a cautionner le fatalisme. Mais ce raisonnement oublie qu’a cette maladie du feu, comme l’indique l’etymologie, peut etre opposee une serie de pare-feu, comme le respect de l’humain, la reconnaissance, la cohesion des collectifs, le souci de conditions de travail dignes et agreables, l’humanisme d’un management participatif ou s’estomperait l’etrange orgueil que secrete habituellement le pouvoir. Si ces circonstances peuvent sembler tres eloignees de certaines entreprises, elles n’en sont pas moins realisees dans certaines autres, ce qui barre la route a tout immobilisme. La loi, par nature, est antifataliste. En Belgique, pays certes plus pragmatique qu’ideologique, le burn-out a repris comme une consequence possible de risque psychosocial lie au travail sans que cela ait suscite de debat houleux. Meme s’il est encore difficile d’en voir l’impact concret, cette reconnaissance a pu servir de levier a la prevention?: elle precise la definition des termes qu’utilisent les acteurs?; elle sensibilise les personnes concernees?; elle deculpabilise ceux qui en souffrent?; elle responsabilise l’entreprise?; elle peut, enfin, donner un cadre juridique a la reparation de dommages. Ce sont la des aspects cruciaux. Mais au centre du debat demeure la question des mentalites. Si l’humain est considere comme un outil au service d’un systeme qui l’instrumentalise, la portee de la loi reste faible. Mais si, par une emulation positive, la loi renforce l’evolution des mentalites vers davantage de souci de la personne, alors un progres aura ete fait. Notre epoque, si fascinante par son evolution technoscientifique, ne restera digne et interessante que grace a l’evolution de ses mentalites. C’est le sens des transitions qui sont en cours ca et la.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *