1000 jours pour en finir avec les familles

Le présent article est un édito d’Anne Trewby et Iseul Turan paru dans le numéro de septembre 2019 de Valeurs Actuelles, à retrouver en accès abonnés ici.

S’il est des inquiétudes normales pour de jeunes parents, elles ne devraient pas être l’occasion de douter de leur capacité à s’occuper de leur nouveau-né. C’est pourtant dans cette brèche que cherche à s’immiscer notre président, avec l’annonce sur Twitter le 19 septembre dernier du lancement d’une commission sur l’accompagnement des parents du 4e mois de grossesse aux 2 ans de leur enfant.

« De la grossesse aux 2 ans de votre enfant, il y a 1000 jours. 1000 jours déterminants ». De fait ; et c’est d’autant plus inquiétant quand on connaît les dernières lois en date concernant les familles.

Celles-ci sont à la fois source de précarité économique et de division des sexes, avec l’obligation de partage des congés parentaux, la disparition de la présomption de paternité ou encore la volonté récurrente de faire disparaître la notion de foyer fiscal. L’avenir ne s’annonce pas meilleur : les retraites seront d’après la rumeur bientôt indexées uniquement sur les années travaillées, au détriment des mères qui auraient interrompu, ponctuellement ou définitivement, leur activité professionnelle.

Cette volonté de dissoudre la cellule familiale est dans la droite ligne d’un certain héritage révolutionnaire qui voudrait « arracher l’enfant à ses déterminismes » pour en faire un homme nouveau.

Le contexte économique actuel est à ce titre d’autant plus pernicieux. Dans une société où il est de plus en plus difficile pour un foyer de vivre avec un seul salaire et où la valeur humaine se mesure au statut professionnel, les parents se retrouvent soulagés des mesures proposées par l’Etat, crèche et école gratuite en bonne place.

Cette aide est en réalité loin d’être gratuite. Sa contrepartie, c’est l’abandon par les couples de leurs responsabilités parentales. Sa contrepartie, c’est le glissement progressif vers une société totalitaire dans laquelle les enfants deviennent la propriété de l’Etat.

A contre-courant des propositions que fera inévitablement cette nouvelle commission, rappelons les quelques lignes de conduite qui permettraient réellement de soutenir les familles. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Si l’Etat reste indispensable pour punir d’éventuels abus, il n’a pas à s’immiscer dans les choix des familles. Ce sont aux parents de choisir qui prendra ou non un congé à l’occasion d’une naissance, idéalement de deux ans dès le premier enfant et correctement indemnisé. Les mères au foyer doivent bénéficier d’un statut légal réel, sans tomber dans le piège du salaire maternel mais avec des contreparties financières concrètes grâce aux déductions fiscales et aux allocations familiales. Les retraites des mères doivent prendre en compte le temps passé à élever leurs enfants avec la même générosité que le temps passé à faire gonfler un PIB qui n’enrichit plus qu’une élite de quelques privilégiés.

Parce que la famille est la cellule pré-politique de base de la société, sa mort, c’est la mort du politique. C’est là, le vrai combat.

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