[Tribune libre] Lettre ouverte aux Antigones

Nous remercions chaleureusement Cells de nous avoir écrit cette lettre ouverte, et, promis, nous continuons plus que jamais notre Aventure !

« C’est avec honneur et fierté que je me livre quelque peu en tant qu’actrice convaincue d’une philosophie de vie que nous partageons. C’est avec beaucoup d’humilité que je me permets de me comparer à une grande sœur par rapport à la plupart de vous puisque plus âgée que la plupart d’entre vous. Mais n’est-ce pas le propre des aînées que de partager notre expérience afin que transmission se fasse ?

Car oui, à l’heure actuelle j’ai 43 ans et suis mère de 5 enfants et c’est parce que je sais de quoi je parle que je tiens absolument à soutenir votre courage , votre détermination, et surtout confirmer la nécessité absolue de mener ce combat plus que jamais… Celui du rôle de la  femme dans toute sa splendeur, dans toute sa douceur, dans toute sa féminité et sa générosité, dans l’épanouissement de ses maternités, dans la complémentarité avec l’être tant aimé à ses côtés, cet homme qui nous respecte en tant que femme et mère aimante à la fois.
C’est aussi parce que je suis mère de 4 filles et d’un garçon, que j’aimerais à mon tour que mes filles se réfèrent un jour à des grandes sœurs comme vous car quoi de plus efficace que d’avoir un modèle pour trouver son identité ?   J’ai donc 5 enfants de 15 à 6 ans d’un même père que j’ai aimé mais une incompatibilité de valeurs et de priorités entre nous, nous éloigna tant, que le silence et la violence prirent une part illégitime dans ce qui n’était déjà plus un couple.
C’est parce que l’instinct de survie vous aide dans ce cas à fuir le pire des dangers, que du jour au lendemain, il y a tout juste 5 ans, mes enfants sous mon aile, je pars du domicile pour vivre mon plus rude combat. Celui d’une mère dont le comportement se rapproche à cet instant, de l’instinct animal, d’une louve, afin de protéger les siens et de retrouver une certaine liberté d’être, d’aimer et surtout de penser.   Je suis partie aussi en prenant conscience plus que jamais, de la nécessité de me relever pour continuer à transmettre à mes enfants, au-delà de mon sang, énormément d’amour, dans le respect de mes valeurs, dans la dignité et plus que jamais, la respectabilité.

Mais autant vous dire de suite que, même si je reste persuadée de votre courage, je ne souhaite à aucune d’entre vous ce rude combat, celui d’élever seule ses enfants, tout en travaillant à 100% pour les nourrir, les éduquer, les choyer dans cet idéal que vous avez du foyer, de l’amour et du travail bien fait.
Et cette idée de l’honneur qui vous permet d’être libre, sans dépendre d’un homme qui ne vous veut pas que du bien mais aussi, sans dépendre d’une société qui vous rend assistée.   Non, je ne souhaite d’ailleurs à aucun parent comme à aucun enfant, ce parcours semé d’embûches en tous genres et de préjugés, frôlant, bien des fois, l’absurdité de certaines lois qui régissent notre société.

Mais, au-delà d’une certaine capacité et volonté, ne laissant jamais la fatalité prendre place, il y a une autre force que je ne veux absolument pas occulter, c’est la générosité, celle qui provient d’amis que je compare aujourd’hui comme ma famille de cœur, ma communauté, celle qui n’a pas besoin de formalités pour exister.
Cette générosité qui est plus de l’ordre du spirituel que du matériel. Cette amitié qui ne vous juge pas, qui ne pose pas de questions mais qui vous tend la main pour vous aider à vous relever quand la force vous fait défaut.
La réalité du système m’a prouvé que oui, légalement, on peut aujourd’hui, éduquer ses enfants toute seule mais dans quelles conditions ? Car non, éthiquement, humainement, il n’y a rien de naturel à élever nos enfants dans la monoparentalité, surtout pour un garçon sans père à ses côtés. Et puis depuis peu, un homme, ami de mes amis, un homme apparaît dans ma vie. Un homme, un vrai, comme j’aime le dire. Un homme qui joue son rôle d’homme auprès d’une femme, dans le respect et la dignité, dans la complémentarité des rôles et des modes de pensées. Comme un vaillant guerrier qui, après la noirceur et la froideur des méandres de ma solitude, m’apporte la lueur et la chaleur d’un feu pour tracer, ensemble, notre destiné.

Alors, c’est à force d’amour et de patience, que cet homme arrive à nous protéger, nous rassurer  et surtout, nous prouver que le respect de nos  traditions, de nos origines restent une valeur sûre et nécessaire à la transmission des idées, au bon équilibre d’un foyer.   Il m’aide à enseigner à mes enfants  l’idée qu’il incombe à chacun d’entre nous de changer le cours des choses, pour le meilleur de nos vies, de notre société. Et, aussi surprenant que cela puisse être, il a même réussi à me faire rêver à une sixième maternité…. »

Cells