Le cyberharcèlement, une nouvelle forme de violence

En 2016, pour la journée internationale contre les violences faites aux femmes, Les Antigones ont choisi de dénoncer les violences faites aux femmes dans leurs corps, avec notamment la question de la prostitutionle cyberharcèlement, et la notion fallacieuse de féminicide.

 

Depuis la mort de la jeune Marion Fraisse, suicidée après  une longue période de harcèlement scolaire, la notion de cyber-harcèlement est de plus en plus invoquée, notamment dans les médias. Cette forme moderne de harcèlement ne touche pas que les enfants et adolescents. La société dans son ensemble est touchée. Les Antigones souhaitent donc profiter de cette journée du 25 novembre afin d’éclaircir ce qu’est le cyber-harcèlement et ce que permet le droit français afin de protéger les femmes de cette nouvelle forme de violence.

Sur un site spécialisé rattaché au ministère de l’éducation nationale, le cyber-harcèlement est défini comme un «  acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ». Le harcèlement cybernétique est prévu spécifiquement par l’article 222-33-2-2 du Code pénal depuis la loi n° 2014-873 du 4 août 2014. Ce délit est puni d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, voire de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende si jamais cette même infraction est commise à l’encontre d’un mineur de quinze ans, si la victime a eu une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ou si la victime est en situation de vulnérabilité (âge, maladie, infirmité, déficience physique ou psychique, grossesse) et que l’agresseur en a connaissance.

Le fait que le harcèlement soit caractérisé via Internet présente une circonstance aggravante car il perdure dans le temps. Les photos, les vidéos, les altercations par messages interposés peuvent faire l’objet de capture d’écran ou autre téléchargement. Sans créer une échelle de valeur du harcèlement qui n’a pas lieu d’être, il reste qu’ une altercation dans la rue ne dure qu’un temps, au contraire le harcèlement cybernétique peut potentiellement poursuivre la victime toute sa vie. L’anonymat que permet Internet et le sentiment d’impunité qui en découle en font un lieu idéal pour l’harcèlement moral.

Sur les réseaux sociaux, certaines initiatives se mettent en place, c’est le cas notamment du collectif @FeminismVsCyberBully avec le hashtag #TwitterAgainstWomen. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation au cyberharcèlement sur Twitter et plus spécifiquement contre ce que l’on appelle le «slutshaming», le «revengeporn» et l’incitation au viol. Ce lancement est la réponse à une vidéo de viol qui circulait sur ce réseau social, partagée telle un trophée  par les violeurs. On s’étonne du manque de réaction de réseaux sociaux pourtant fort enclins à la censure sur d’autres sujets ! Ce genre de campagne permet de sensibiliser les gens mais aussi de pointer du doigt le laxisme dont font parfois preuve les entreprises telles que Facebook ou Twitter.

Attention toutefois, que la lutte contre le cyber-harcèlement n’amène pas pour autant une surveillance excessive de la liberté d’opinion et d’expression sur internet, qui reste le moyen d’information le plus démocratique qui soit – risque liberticide qui avait =été soulevé par un député du parti EELV lors des discussions parlementaires du projet de loi. Comme pour tout, il va s’agir de trouver  un équilibre pour que les femmes soient assurées que cette nouvelle forme de violence fasse l’objet de mesures répressives appropriées, tout en respectant les libertés des citoyens.

 

Sources :  
Code Pénal
http://www.nextinpact.com/news/85142-l-assemblee-nationale-reecrit-nouveau-delit-relatif-au-cyber-harcelement.htm
https://blogs.mediapart.fr/muriel-salmona/blog/060116/stop-au-cyber-harcelement-au-revenge-porn-et-au-slut-shaming
http://www.village-justice.com/articles/Cyber-harcelement-les-victimes,17829.html
http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/que-faire/faire-face-au-cyberharcelement/

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