Cologne : une guerre des ventres !

Tribune d’Anne Trewby, présidente des Antigones, parue sur boulevard Voltaire

 

Dans la nuit du Nouvel An, dans plusieurs grandes villes européennes, des groupes d’hommes d’origine extra européenne ont agressé sexuellement des centaines de femmes.

L’événement choque par son ampleur. Il n’est pourtant pas sans précédent : en France comme ailleurs en Europe, de pareilles agressions sont si régulières que plus un média ne prend la peine d’en rendre compte. Beaucoup en France ignorent ces crimes et délits sexuels, comme les Anglais n’ont rien su pendant des années des gangs de Pakistanais qui violaient dans le sud du pays des adolescentes Anglaises, tant policiers et médias avaient peur d’être accusés de racisme. C’est pourtant la réalité, dans sa brutalité crue.

A nos sœurs et à nos filles, nous voulons dire : la classe politique ne vous protégera pas, les médias ne vous soutiendront pas, les féministes conventionnelles ne vous sauveront pas. Ils ne veulent pas accepter le fait que ces viols sont une guerre des ventres ;  comme dans le passé et dans beaucoup de zones de conflit ils ont été et sont encore une arme de guerre.

Sans les témoignages des victimes, les nombreux témoins et les pressions d’Internet, l’histoire serait restée lettre morte. Bon an mal an, les journalistes se sont finalement résolus à aborder l’affaire…. en relayant les mises en garde des personnalités politiques craignant l’amalgame. Heureusement, grâce à la vigilance de nos médias nous allons pouvoir nous préparer à faire face à ces terribles événements en luttant contre…. leur récupération par l’extrême-droite !

Libération s’attarde à préciser le petit nombre de clandestins interpellés à Cologne – 18 selon le quotidien, 22 selon l’Express – mais ne s’inquiète pas du nombre total d’interpellations (31), au regard du nombre d’agressions et de plaintes (516 plaintes déposées à Cologne à ce jour).

Les réactions et l’absence de décisions de nos irresponsables politiques est également extrêmement préoccupante. Quand on lit dans le Figaro les mesures dérisoires proposées pour faire face à la situation, on est en droit de s’inquiéter pour la sécurité des femmes en Europe. Et les déclarations ahurissantes du Maire de Cologne demandant aux femmes Allemandes de changer de comportement revient à dire que les femmes ont une responsabilité dans ces agressions. Par ces propos, le pouvoir politique nous abandonne à notre triste sort – entre agressions sexuelles en réunion et accusations de racisme !

Quant à la condamnation rituelle d’Osez Le Féminisme (OLF) de ces événements, elle est un vrai exercice d’équilibrist-e-s. Elle dilue la spécificité de ces actes dans les dizaines de milliers de viols commis chaque année et atténue leur condamnation d’un long prologue anti-amalgames. Au passage, OLF saisit l’occasion de promouvoir le concept de « féminicide », sans le nommer, en faisant de tout viol un acte politique, qui s’inscrit dans la « guerre des sexes». Elle instrumentalise cette actualité en vue de servir ses propres objectifs sans aborder la réalité en face : le sous-bassement géo-politique de ces agressions est évident. Ces crimes auraient pu être évités par une meilleure maîtrise des frontières.

Mais ne vous inquiétez pas, la solution est toute trouvée. Demain une nouvelle actualité viendra faire oublier cette série d’agressions et les populations inquiètes pourront se divertir de leur malheur… au prochain Carnaval de Cologne pour les plus courageux.

Avec nos hommes, nous voulons, nous, construire le monde de demain en éduquant nos fils à respecter et protéger leurs sœurs, leurs femmes et leurs filles ; et nos filles à vivres fières, et non soumises, sans jamais courber la tête.

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