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Critique de la proposition de loi-cadre Egalité Femmes-Hommes

Le projet de loi-cadre « Égalité Hommes-Femmes » est actuellement en deuxième lecture au Sénat, avec une opposition minime. L’opinion publique en connaît les points les plus médiatisés : réforme du congé parental et droit à l’avortement perçu comme conquête ultime du le combat des femmes pour la libre disposition de leur corps. Il a pourtant une envergure et une ambition bien plus vaste, et touchera à divers titres l’ensemble de nos codes juridiques.

Pour télécharger le document en version PDF : LesAntigones_ProjetdeloicadreEgalitéFemmesHommes

Une loi-cadre Egalité Femmes-Hommes aux dispositions idéologiques et liberticides

Avec le nouveau projet de loi-cadre Egalité Femmes-Hommes, nos gouvernants inaugurent le déni de réalité à grande échelle. Aveuglés par leur idéologie, ils mettent en place sous couvert d’une soi-disant « égalité intégrée» des mesures liberticides tant pour les femmes que pour les hommes. Penchons-nous un instant sur les plus violentes de ces mesures, qui représentent des entraves à la liberté des femmes, sans apporter de solutions concrètes à de véritables problèmes de société.

Pour « remettre Mesdames au travail », le gouvernement prévoit d’obliger les parents à partager le congé parental : il ne sera extensible à 3 ans que si le second conjoint prend les six derniers mois. Dans les foyers les plus modestes, Monsieur ne pourra se permettre de prendre six mois de congé, Madame reprendra plus vite le travail, et l’Etat économisera six mois de congé parental sur le dos des familles. Plutôt que de proposer des solutions aux petites et moyennes entreprises pour lesquelles ces congés sont un véritable handicap, nos représentants préfèrent étendre la discrimination à l’embauche dont souffrent les femmes à tous les jeunes couples de la tranche d’âge 25-30 ans. Faire en sorte qu’un problème devienne général et non plus spécifique, ce n’est pas résoudre ce problème…

Petite marche des femmes contre les violences

Dimanche dernier, le 24 novembre 2013, s’est déroulée à Paris notre Petite marche des femmes contre les violences. Le rendez-vous a débuté par une explication d’Iseul Turan du sens ce cette Petite marche contre les violences – physiques, sociales et politiques dont souffrent les femmes d’aujourd’hui. Les marcheuses – et les marcheurs qui les accompagnaient – se sont ensuite mis en route en direction du Ministère des droits des Femmes, en passant à proximité du Ministère de la Santé et des Affaires familiales. Nous voulions par cette marche intervenir au service de la Cité contre toutes les violences, rappelant que si ce sont les femmes les premières victimes de violence, elles n’en sont pas les seules et que les hommes n’en sont pas les seuls auteurs.

Les politiques antifamiliales, nouvelle violence faite aux femmes

Troisième et dernier terrain de lutte choisi par les Antigones à l’occasion de la petite marche contre les violences faites aux femmes,

Les violences économiques et sociales qui touchent toute la société, nombreuses en temps de crise, fragilisent particulièrement les femmes qui ont des enfants. Celles d’entre nous qui choisissent la maternité ne peuvent plus la vivre comme elles le souhaitent, décidant elles-mêmes du nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir et de la manière dont elles veulent s’en occuper. Le discours officiel prône la liberté des femmes, mais sa réalité est de plus en plus contrainte par les conditions économiques et légales, constituant ainsi une violence nouvelle à l’encontre des femmes.

Les violences physiques demeurent impunies

Deuxième terrain de lutte choisi par les Antigones à l’occasion de la Petite marche contre les violences faites aux femmes,

Violences physiques impunies

Si les femmes font figures de cibles privilégiées des violences physiques, elles n’en sont pas les seules victimes, ni les hommes les seuls coupables.

Concernant les violences physiques, certains chiffres font, aujourd’hui, froid dans le dos : on estime qu’un viol est commis en France toutes les sept minutes. Seules 10% des victimes portent plainte et seule une sur deux aboutit à de véritables poursuites. Ensuite, il y a les remises de peines et toutes celles que les coupables n’exécutent pas.

Or c’est à la loi et à la Justice de garantir la sécurité des personnes, particulièrement des plus fragiles. Il convient donc de s’interroger sur la pertinence du système judiciaire actuel. Car son naufrage, en permettant l’impunité des auteurs, constitue une importante source de violence. Contre la persistance des agressions et des violences physiques, nous demandons donc que les plaintes des victimes de violences soient enregistrées, que les agresseurs soient poursuivis systématiquement, qu’ils soient jugés conformément à la loi, que leurs peines soient effectives et appliquées, et que les condamnés ne puissent plus nuire à leurs victimes.